Événement : La classe politique interpellée

«Nous avons entrepris, au sein du Collectif d’observation des élections, une démarche très intéressante et nous sommes en train d’exploiter les données que nous avons recueillies auprès de quelque 865 personnes ».
C’est en ces termes qu’Abdellah Oualladi, président de l’Organisation marocaine des droits de l’homme, a présenté les points de vue de son organisation, en insistant sur le travail collégial entrepris au niveau du collectif.
Après cette « motion d’ordre », le président de l’OMDH estime que de l’avis de tous les observateurs, les irrégularités systématiques perpétrées par l’administration en faveur de certaines personnes n’existent plus, aussi bien sur le plan local qu’au niveau national.
Et de confirmer que l’administration était très proche de l’opération électorale et de ses événements, notamment à travers ses interventions, les mesures de sanction et l’arrestation de certaines personnes qui ont violé la loi.
Certes, il y a eu plusieurs tentatives de corruption, mais à aucun moment il n’y a eu un sentiment d’hésitation de la part des agents de l’autorité. En ce qui concerne les résultats des élections du 27 septembre, M. Oualladi estime que l’abstention observé le jour du scrutin constitue un message qui interpelle l’ensemble des acteurs politiques du pays. Ce phénomène, dit-il, est lié à la question de l’établissement de la confiance entre l’Etat et les citoyens. Un fait qui trouve sa raison d’être dans les pratiques d’un passé marqué par des violations flagrantes de la loi, sur le plan des droits humains et aux niveaux économique et social. Or, en dépit des avancées observées dans ces domaines, les mesures préconisées par l’Etat n’ont pas atteint le seuil qui permet la réconciliation des citoyens avec l’Etat.
Sur ce, il y a lieu de conclure que le taux de participation (52 %) n’est pas totalement faible et ce, d’autant plus qu’il peut nous aider à comprendre la situation et surtout à saisir les messages adressés à l’Etat .
Car, dès à présent, réplique-t-il, le Maroc dispose d’un référent fiable en matière de gestion démocratique. Ce qui s’est passé au cours de ces élections est un message adressé à l’Etat en vue d’accorder plus d’intérêt à la société civile et aux acteurs politiques, non seulement en ce qui concerne le comportement à leurs égards, mais également pour ce qui est de l’assistance matérielle et logistique. Jusqu’à présent, l’action politique s’est limitée à des volontaires ne disposant pas de moyens pour agir, alors que, revanche, les citoyens attendent qu’ils leur règlent leurs problèmes quotidiens, notamment en ce qui concerne la distribution de l’eau et de l’électricité, la garantie des soins, de l’enseignement et de l’emploi, etc.
Or, pour relever ces défis, les partis politiques se doivent d’accomplir leur rôle dans de bonnes conditions, sinon, comme tous les êtres vivants, ils seront condamnés à disparaître.
Pour ce qui est des résultats des élections du 27 septembre, Abdallah Oualladi avance trois remarques majeures : d’abord, la carte politique s’est éclaircie.
Les grands partis sont à présent en mesure de peser sur l’échiquier politique. La seconde remarque porte sur le positionnement des démocrates par rapport à cet échiquier. Ces derniers, ajoute-il, disposent de positions honorables et peuvent défendre leurs idées et points de vue de manière digne.
Enfin, les programmes politiques des uns et des autres sont connus. Et de conclure qu’il y a lieu de s’attendre à une reconduction de l’expérience de l’alternance.

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