Éviter d’entretenir des illusions

Éviter d’entretenir des illusions

ALM : Dans quel cadre s’inscrivent les rencontres israélo-palestiniennes de Genève ?
Michel Warschawski : Les dernières rencontres font partie d’une série de rencontres entre des représentants de la gauche israélienne et des responsables palestiniens de haut niveau en vue de tracer les grandes lignes d’accords possibles.
Qu’est-ce que vous pensez de cette initiative ?
Si ce que la presse israélienne rapporte est vrai et que les Palestiniens renoncent à leur droit de retour, cette initiative pourra constituer un mauvais point pour la paix. Car, demain, lorsque les Palestiniens revendiqueront ce droit, les Israéliens vont leur brandir les dispositions de ce document et les traiter de menteurs. Si les donnes du document publié en Israël s’avèrent vraies, une telle initiative ne saura qu’alimenter l’illusion de pouvoir créer les conditions de la paix sans prendre la question des réfugiés palestiniens à bras-le corps.
Est-ce que vous voulez dire que les négociations ont mal commencé ?
En effet, car si c’est vrai, c’est un document qui va faire plus de mal que de bien. Ceux qui l’ont signé du côté israélien ne représentent qu’une petite minorité de l’ex-gauche travailliste, comme c’est le cas pour Shimon Pérès et Yossi Beilin alors que, du côté palestinien, l’on trouve de très hauts responsables, comme c’est le cas pour Yasser Abdou Rabbou. Personnellement, je ne vois pas comment de si hauts responsables puissent entamer des négociations avec une minorité disposant d’une faible représentativité.
Est-ce qu’il y a des pays qui soutiennent cette démarche ?
Officiellement, il y a la Suisse. Ce pays était mêlé à la création des conditions de nouvelles négociations. Mais, à mon avis, c’est une perte de temps.
Qu’est-ce que vous préconisez, comme alternative, à ce qui est en cours ?
Il faut que le gouvernement israélien arrête ses bombardements sans retenue à l’encontre des Palestiniens. Ce n’est qu’après un cessez-le feu total que les négociations pourraient commencer, car on ne peut dialoguer avec des victime sous la menace de couteaux ni avec des personnes qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes.

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