Face à l’alliance des huit, la Koutla s’alliera-t-elle au PJD ?

A quarante jours des élections législatives prévues le 25 novembre, la nouvelle alliance entre les huit partis a créé un petit séisme dans le paysage politique marocain. Composée des quatre du pôle libéral PAM, RNI, MP et UC et de trois partis de gauche, à savoir le Parti de la gauche verte, le Parti travailliste, le Parti socialiste en plus du Parti de la renaissance et de la vertu, cette alliance donne ainsi le coup d’envoi effectif de la campagne électorale, la course vers la constitution du futur gouvernement. Annoncée, mercredi 5 octobre à Rabat, par Salaheddine Mezouar, président du RNI, la constitution de cette alliance a suscité des réactions mitigées de la part des autres acteurs politiques. «Chacun est libre de faire les alliances qu’il veut à charge d’un minimum de cohérence et de partage d’un référentiel commun», a déclaré à ALM Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), parti qui compose la Koutla avec l’USFP et l’Istiqlal. Selon lui, l’annonce d’une telle alliance ne suscitera aucune réponse de la part de la Koutla. Et pourtant, les composantes de la Koutla s’étaient réunies jeudi. «Ceci ne constitue guère une réaction à la coalition des huit partis. Cette réunion était prévue bien avant l’annonce de l’alliance», a expliqué M. Benabdellah. «La Koutla existe bien avant cette alliance. Elle tient des réunions tous les jeudis et travaille sur une base commune pour les élections, pour défendre un même projet de société. Elle a sorti un communiqué pour appeler à l’inscription dans les listes électorales. Ses actions ne sont pas le résultat de ripostes», a souligné M. Benabdellah. Selon lui, la Koutla travaille actuellement sur un programme commun pour les élections. Même son de cloche chez les responsables de l’USFP. Ce n’est que deux jours après la révélation de M. Mezouar que le bureau politique de l’USFP devrait se réunir ce vendredi pour décider de la position à adopter face à cette alliance. Selon Abdelhamid Jmahri, membre du bureau politique de l’USFP, son parti «n’est pas susceptible, il n’est pas inscrit dans une logique action, réaction, car il a sa vision propre». «L’annonce de l’élargissement de l’alliance des quatre est inopinée. Il faut du temps pour se fixer et essayer d’en expliquer les tenants et les aboutissants. Il faut éviter de faire un procès d’intention à l’initiative de cette alliance», note M. Jmahri. Et d’ajouter: «Mais au-delà de la profession de foi de cette alliance, ce sont ses prises de position et ses actions sur le terrain qui permettront à l’opinion publique d’en juger du bien-fondé». Mais pour Lahcen Daoudi du PJD , cette coalition ne fait que brouiller encore plus les pistes dans le paysage politique : «Mezouar nous refait un PAM bis, nous sert du réchauffé alors que l’on connaît l’aboutissement rempli d’échec de l’expérience PAM». M. Daoudi considére que cette alliance est un non-événement. «C’est une simple photo dans des journaux. Ceci ne mérite pas d’occuper l’opinion marocaine. C’est un trou noir du monde politique marocain, même les bases de ces partis ne sont pas d’accord avec la décision imposée par leur état-major», a-t-il martelé. Selon le PJD, la seule réaction qu’il faut incombe à la Koutla qui doit se restructurer pour assumer son rôle. Ceci étant, selon les observateurs de la scène politique, il reste inédit que des partis de la gauche s’allient à un pôle libéral qui est loin des fondements de la gauche. Quel programme commun pourront-ils élaborer ensemble ? Aussi, le constat qui s’impose est que le Parti travailliste, la Gauche verte et le Parti socialiste ne sont plus proches de la famille de la gauche qui avait tenté, sans résultats notables, de rassembler ses rangs sous l’impulsion de l’USFP, du PPS avec le FFD.

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