Fatema Benaddi : «Depuis une décennie nous subissons une marginalisation systématique»

Fatema Benaddi : «Depuis une décennie nous subissons une marginalisation systématique»

ALM : Une marche de la colère des cadres de l’administration publique, est-ce le moyen le plus efficace de sensibiliser aux questions en suspens actuellement ? N’y en a-t-il pas d’autres ?
Fatema Benaddi : Croyez bien que nous nous y sommes essayés. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous nous sommes résolus à porter nos revendications dans la rue. Mais depuis une décennie nous subissons une marginalisation systématique dont les points les plus sombres se sont situés en 2004 quand l’Etat a révisé le régime des allocations d’une manière qui nous a désavantagés. Puis en 2010 quand il nous a refusé un statut spécifique.

Ils sont donc 60.000 ceux qui, selon vous, sont victimes de cette situation. Alors qui sont-ils ?
Ce sont des administrateurs, c’est-à-dire des cadres de gestion qui ont été formés pour régenter, pour manager les affaires publiques. Ce sont pour la plupart des Bac + 5, des masters, des doctorants. Ils exercent dans presque tous les secteurs et leur situation n’est pas brillante, car ils n’ont pas de statut particulier. Et on sait l’importance  du statut dans la fonction publique.
Vous semblez penser que la marginalisation dont vous dites pâtir a un coût qui dépasse votre corps de métier. Comment cela ?
La discrimination dont nous sommes l’objet engendre des tensions et cela n’est pas bon pour l’atmosphère de travail et pour son rendement. Avant, la question était simple : tous les administrateurs venaient de l’Ecole nationale d’administration. Depuis c’est un corps d’Etat qui tient du fourre-tout : on y trouve des médecins, des enseignants, des psychologues, des historiens…

Et en quoi cela dérange-t-il ?
Il s’agit d’administration, c’est-à-dire de gestion d’affaires publiques pour laquelle on a reçu une formation spécifique. D’autre part, le fait que certaines de ces catégories  aient reçu statut spécifique crée des tensions. Voici des fonctionnaires d’un niveau de formation similaire exerçant des fonctions semblables qui ne bénéficient pas des mêmes droits. Avouez que la situation n’est pas normale. D’ailleurs nous sommes doublement victimes de cet état de fait puisque cette diversité- qui nous est imposée-   nous est souvent opposée comme motif au refus à nous doter d’un statut.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *