Faut-il craindre Ramid ?

Mustapha Ramid n’est peut-être pas l’homme dangereux que certains craignent. Celui que Abdelkrim Al Khatib avait qualifié de personnage imprévisible avait ses entrées dans le ministère de l’Intérieur ancienne version, pour lequel il a même fait office d’envoyé spécial pour certaines missions précises.
Les nouveaux maîtres de ce département se sont faits fort de le lui rappeler, en juin dernier, lors de la séance d’explication avec son ami Ahmed Raïssouni suite aux propos jugés graves tenus par ce dernier, quelques jours avant les attentats du 16 mai sur l’institution de commandeur des croyants.
C’est peut-être par réaction épidermique à la perte de son statut particulier de naguère que M. Ramid est devenu ce qu’il est. Un homme dépité qui a choisi de durcir son verbe à chaque occasion que ce soit sous la coupole ou dans ses déclarations à la presse. Derrière l’opposant se cache certainement un personnage sympathique qui ne demande qu’à servir. Les choses vues cet angle, Mustapha Ramid serait un frustré du pouvoir et de ce qui va avec. Le fait qu’il ait été pressé suite à cette séance d’explication de renoncer à la présidence du groupe qui lui permettait de tenir le haut du pavé à l’hémicycle a ajouté à son ressentiment.
Depuis lors, il s’est fait tout petit, économe de parole et de gesticulations. Le voilà, à quelques jours du congrès du PJD, qui se rappelle au bon souvenir des autorités en publiant un document osé sur sa vision de la monarchie suivi, une semaine après, d’une explication de texte (interview). Alors, que cherche Mustapha Ramid ? Cherche-t-il par ses nouvelles prises de position à revenir dans les bonnes grâces du pouvoir ou entend-il par cette façon de faire de réaffirmer son existence partisane en s’offrant une nouvelle virginité politique ?
La cinquantaine bien assumée, le député de Derb Soltane (Casablanca) depuis les législatives de 1997, qui a acquis chez les petites gens de sa circonscription la réputation de défendre la veuve et l’orphelin, est issu d’un milieu modeste. Titulaire d’une licence en droit, lauréat d’un diplôme d’études supérieures de Dar Al Hadith Al Hassania, membre à la fois du PJD et du MUR, M. Ramid a publié pendant plusieurs années le mensuel arabophone “Assahwa“, avant d’être frappé d’interdiction. La politique lui a réussi puisqu’il compte parmi les figures les plus médiatiques du pays.

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