FMI : Le gardien du dogme

FMI : Le gardien du dogme

Le Fonds monétaire international a été créé par un traité entré en vigueur en 1945 pour favoriser la mise en place d’une économie mondiale solide. Il a son siège à Washington et est gouverné par 184 États membres, ce qui lui donne une dimension quasi universelle.
Le FMI occupe une position centrale dans le système monétaire international — c’est-à-dire dans le système des paiements internationaux et des taux de change entre les monnaies nationales qui permet les transactions internationales.
Le FMI suit la politique de ses États membres, en s’intéressant avant tout aux résultats d’ensemble de l’économie. Ceux-ci — qualifiés souvent de performances macroéconomiques — concernent les dépenses globales et leurs principales composantes, telles que les dépenses des consommateurs et l’investissement des entreprises, la production, l’emploi,l’inflation et la balance des paiements, autrement dit le solde des transactions de l’État membre avec le reste du monde.Le FMI se concentre sur la politique macroéconomique—finances publiques, taux d’intérêt, monnaie et crédit, taux de change — et sur la politique relative au secteur financier, c’est-à-dire surtout la régulation et le contrôle des banques et des autres établissements financiers. En outre, le FMI est attentif à l’évolution des politiques structurelles qui ont un impact macroéconomique, telles que la politique du marché du travail, qui influe sur l’emploi et les salaires. Le FMI conseille les États membres sur les améliorations qu’ils peuvent apporter dans ces domaines pour atteindre leurs objectifs : emploi élevé, faible inflation et une croissance soutenue et durable, c’est-àdire susceptible de se poursuivre sans créer de problèmes d’inflation ou de paiements extérieurs.
L’une des missions essentielles du FMI consiste à favoriser le dialogue entre les États membres sur les conséquences que leurs politiques économiques et financières peuvent entraîner à l’échelle nationale et internationale. Ce processus de suivi et de consultation, qu’il est convenu d’appeler «surveillance», a évolué rapidement en réponse aux mutations de l’économie mondiale. Depuis quelques années, les activités de surveillance du FMI ont aussi pris un caractère de plus en plus ouvert et transparent.
Les crises financières récentes ont mis en lumière l’importance d’une surveillance efficace. Pour y répondre, le FMI a pris plusieurs initiatives visant à le rendre mieux capable de déceler rapidement les risques et facteurs de vulnérabilité afin d’aider les États membres à renforcer leurs politiques et leurs institutions économiques ainsi qu’à améliorer la transparence et la responsabilité dans ce domaine.
Aux termes de l’article IV de ses Statuts , le FMI a pour mandat d’exercer une ferme surveillance sur la politique de change des États membres afin d’assurer le fonctionnement effectif du système monétaire international. En 1977, une décision du Conseil d’administration a reconnu que l’évaluation, par le FMI, des politiques de change de ses membres nécessite une analyse approfondie de la situation économique globale et des politiques menées par chaque pays. La décision a souligné aussi que l’objectif ultime de la surveillance est d’aider les pays membres à atteindre la stabilité financière et à connaître une croissance économique durable. Le FMI suit en permanence l’évolution de l’économie mondiale dans le cadre du processus connu sous le nom de «Surveillance multilatérale». Il analyse régulièrement, en plus, l’évolution économique et les politiques conduites dans le cadre d’accords régionaux tels que la zone euro ou l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La surveillance que le FMI exerce sur ses membres apporte des informations importantes pour le processus de surveillance multilatérale et régionale, et vice versa. Pour une large part, les opinions émises par les services du FMI sont publiées dans son édition semestrielle : «Perspectives de l’économie mondiale», qui examinent les perspectives économiques et analyse en profondeur une série de questions ou de problèmes spécifiques.
Deux fois par an, le rapport sur la stabilité financière dans le monde ( Global Financial Stability Report ) analyse aussi la stabilité des marchés financiers internationaux et identifie, le cas échéant, les facteurs de vulnérabilité systémique susceptibles d’entraîner des crises.

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