France : enquête sur l’annulation de vols de Ryanair vers le Maroc

Des dizaines d’usagers s’estimant lésés par ces annulations de dernière minute ont déjà déposé plainte, selon des sources concordantes. "A l’heure actuelle, nous avons reçu plus de 40 plaintes et nous en sommes au stade de l’enquête préliminaire", a indiqué à l’AFP une source au parquet de Marseille qui a ouvert l’enquête.

"Sans préjuger de l’issue de la procédure, les gens se plaignent d’avoir acheté des billets pour un voyage qui n’a pas pu être réalisé pour la simple raison que la compagnie n’avait pas les autorisations nécessaires. Il y a manifestement un comportement anormal qui peut se rapprocher de la publicité mensongère", a estimé cette source.

En mai 2006, à grand renfort de publicité vantant ses vols promotionnels à un centime d’euro (hors taxes d’aéroport) depuis sa base de l’aéroport de Marseille-Marignane, Ryanair avait mis à la vente quelque 3.000 billets à destination de Fez, Marrakech et Oujda, au Maroc.

Les vols étaient programmés à partir du mois de novembre, mais les clients qui avaient acheté leur billet ont été entre-temps prévenus par courrier électronique qu’ils étaient reportés au 1er décembre. Finalement, la compagnie irlandaise avait annoncé le 16 novembre que tous ses vols en direction du Maroc au départ de Marseille étaient reportés sine die.

L’ouverture de ces lignes était en effet conditionnée à l’accord "ciel ouvert" entre le Maroc et l’Union européenne, qui n’était pas encore signé lorsque les billets ont été mis en vente et qui n’a finalement été ratifié que le 12 décembre.

Selon Bernard Mosca, un Marseillais qui a créé une association pour rassembler tous les passagers lésés, environ 70 plaintes au total ont déjà été déposées auprès de différents tribunaux français. Interrogé par l’AFP, Matthieu Glasson, responsable des ventes de Ryanair pour la France, s’est défendu de toute manoeuvre frauduleuse, rejetant la faute sur les autorités françaises qui auraient volontairement fait traîner le processus de négociations "ciel ouvert".

"On vole déjà depuis novembre vers le Maroc depuis Londres-Lutton, on a été un peu naïfs, mais en aucune façon ce n’était de la publicité mensongère", affirme-t-il.

Selon lui, il pourrait s’agir d’une volonté délibérée des autorités françaises de nuire à Ryanair au moment où Air France lance des lignes "semi low-cost", également sur Fez, Marrakech et Oujda.

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