Fuera Espana

“Si cela se trouve, les Espagnols auraient aimé aujourd’hui réoccuper tout le nord du Maroc, voire le pays tout entier“. C’est en ces termes qu’un ministre marocain, qui a requis l’anonymat, nous a commenté l’équipée militaire espagnole sur l’îlot de Persil, mercredi 17 juillet à l’aube. Par cette déclaration, notre interlocuteur voulait mettre en exergue l’esprit colonialiste de Madrid qui dénie à son voisin du sud jusqu’à sa souveraineté sur ses territoires.
L’épisode conflictuel de Leïla en est la parfaite illustration. N’y a t-il pas quelque provocation à envoyer des sous-marins, des hélicoptères et des porte-avions pour déloger les 6 soldats marocains qui campaient sur l’île depuis le 11 juillet ? Si ce n’est pas un acte de guerre, cela y ressemble beaucoup. En tout cas, la réaction espagnole est disproportionnée. Tant qu’à militariser une affaire qui ne le mérite pas, autant déployer de gros moyens militaires, c’est la méthode choisie par les autorités espagnoles. Objectif: intimider le Maroc. Le tétaniser. Que personne ne bouge. Nous sommes les plus forts.
L’Espagne de José Maria Aznar a réussi contre toute logique à mobiliser l’opinion de son pays et la communauté européenne contre son voisin. Là aussi, les objectifs sont inavoués : stigmatiser le Royaume dans une tentative de le faire apparaître comme un agresseur et un violeur des accords de bon voisinage. D’un côté le bon (Madrid) et de l’autre le méchant (Rabat). Il suit de là une stratégie d’instrumentalisation du litige de l’îlot par le gouvernement Aznar qui voulait justifier toute la tension sur les autres dossiers (pêche, émigration clandestine notamment).
Une tension qui est allée crescendo jusqu’à atteindre son point d’orgue avec le rappel par Rabat en octobre dernier de l’ambassadeur du Maroc en Espagne Abdesslam Baraka. Madrid, elle, maintiendra son ambassadeur en poste avec comme consigne de faire le service minimum. Le diplomate ne sera rappelé en consultation dans son pays, qu’à la faveur de l’affaire Leïla, quelques heures avant l’invasion de l’îlot par les forces armées espagnoles. C’est la rupture des relations diplomatiques. Le Maroc et l’Espagne sont quitte.

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