Gajmoula Bent Abbi dénonce les dérives tribales au Sahara

Gajmoula Bent Abbi dénonce les dérives tribales au Sahara

La députée Gajmoula Bent Abbi, membre du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a indiqué, jeudi 9 juillet, que les élections communales dans les provinces du Sud ont été marquées, pour la première fois, par l’émergence d’une compétition électorale à base purement tribale. Mme Bent Abbi s’exprimait à l’occasion de la tenue, jeudi, d’une réunion de la Commission de l’Intérieur et des infrastructures à la Chambre des représentants, en présence du ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa. Lors de cette réunion, Mme Bent Abbi a tenu à attirer l’attention sur le danger que représente le développement de ce phénomène qui, selon elle, ne cadre pas avec les principes de l’Etat de droit en tant qu’objectif de l’édifice démocratique. La députée du PPS a rappelé, en outre, que la réapparition des conflictualités tribales est en contradiction avec le concept de l’Etat moderne basé sur les notions de régionalisation et d’autonomie proposées par le Maroc en tant que projet moderniste. La députée du PPS a indiqué, par ailleurs, que toute partie qui participe à accentuer la conflictualité sur la base tribale ne sert nullement l’intérêt national, appelant tous à assumer leurs responsabilités afin de mettre fin à ce phénomène qui va à l’encontre des aspirations du Maroc en matière de construction de l’Etat des institutions.
En réponse à l’intervention de Mme Bent Abbi, le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a minimisé l’impact du facteur tribal sur l’opération électorale dans les provinces du Sud, rappelant dans le même contexte que, il est vrai, les élections peuvent être influencées par ce facteur, mais sans pour autant que ça soit le seul critère. Contacté par ALM, Mustapha Naïmi, professeur universitaire et membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) a rejoint les propos de la députée Mme Bent Abbi en précisant que «la politique poursuivie au Maroc réconforte la tribu. En réalité la question tribale est une donnée anthropologique sur laquelle on ne peut pas faire de jugements de valeur mais le problème c’est le fait de donner une nouvelle légitimité à des nouveaux notables qui ne l’ont jamais été. Ceci étant, il faut dire que non seulement on donne raison à la reproduction des valeurs tribales en tant que telles mais on donne de la légitimité à des nouvelles têtes notabilaires. En outre, les tribus connaissent des évolutions. Des éclatements tribaux et des effritements de certaines Assabiya ont été constatés. Je pense qu’il faut valoriser plus les notions de citoyenneté et de société civile et ne plus favoriser les privilèges notabilaires».  Cela dit, Réda Taoujni, président de l’Association le Sahara marocain (ASM), pense que la question des conflictualités tribales ne pose aucun problème, contrairement à ce qui a été affirmé par Mme Bent Abbi. «Cette question n’est pas du tout nouvelle. La tribu a toujours joué un rôle primordial dans la vie au quotidien des habitants des provinces du Sud. Et depuis le premier jour où des élections ont été organisées dans les provinces du Sud, la tribu a été un facteur déterminant. Par contre ce que nous avons constaté cette année c’est une régression relative du rôle de la tribu et l’apparition de personnes physiques en tant qu’acteurs de premier plan. Un exemple très simple rend compte de ce constat. C’est la compétition acharnée qui a eu lieu entre Hamdi Ouald Errachid et Rguibi Mohamed Cheikh alors qu’ils sont deux candidats de la même tribu, Rguibat», a expliqué à ALM le président de l’Association le Sahara Marocain, ajoutant que cette question des conflictualités  tribales est un phénomène normal vu que le Maroc est une jeune démocratie qui, selon lui, est obligée de passer par des étapes.

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