Grève de la faim des femmes de Khattab

Toujours pas de dénouement au procès des 50 personnes poursuivies dans le cadre de l’affaire «Ansar El Mahdi», dont quatre femmes accusées d’avoir participé au financement des projets du chef de ce groupe terroriste, Hassan Khettab. Les quatre suspectes, dont deux femmes de pilotes de la RAM, ont entamé une grève de la faim pour protester contre «l’enlisement de l’enquête judiciaire».
Cette grève inquiète sérieusement les familles des suspectes, lesquelles viennent de saisir plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, dont l’AMDH, l’OMDH et le CMDH, pour attirer l’attention sur «la détérioration de l’état de santé de leurs proches». Dans un communiqué, dont copie est parvenue à ALM, les familles demandent une intervention urgente pour cesser le «calvaire» de leurs proches. Le cas d’Imane Bensaïd, épouse d’un pilote de l’air, serait le plus préoccupant. «Ma fille n’arrive plus à se mettre debout», décrit sa mère Sakina Trabelsi, dans une déclaration à ALM.
Elle ajoute que le seul «délit» que l’on puisse reprocher à sa fille est sa «générosité», estimant que cette dernière a été «victime du machiavélisme de Hassan Khattab». «Ma fille a l’habitude d’aider les gens nécessiteux, depuis qu’elle était étudiante», a-t-elle indiqué. «Elle n’aurait jamais donné un seul sou à Hassan Khattab si elle savait que son argent devait servir à financer des projets terroristes», a-t-elle expliqué, en estimant que l’argent dont sa fille a fait don (60.000 DH) était destiné à aider Khattab à se faire opérer du cœur.
Amina Lemseffer, autre suspecte, est accusée d’avoir été «complice» de Khattab, qui projetait de prendre le maquis dans les montagnes du Rif pour «instaurer un régime islamiste». C’est cette femme qui serait intervenue auprès d’Imane Bensaïd pour demander de l’argent supposé financer «l’opération chirurgicale» de Khattab. Concernant les autres femmes qui seraient impliquées dans cette affaire, Amal Serraj et «Oum Saâd», dont le vrai nom est Fatima Zahra El Rehioui, elles auraient également trempé dans l’affaire «Ansar El Mahdi». «Oum Saâd», qui selon les déclarations de Hassan Khattab est devenue partie prenante des projets du groupe à partir de février 2006, lui aurait avancé la somme de 150.000 DH pour le financement de son «opération chirurgicale».
Des accusations rejetées en bloc par les suspectes, ainsi que par leurs familles, lesquelles demandent une issue rapide à la «souffrance» de leurs filles, appelant à mettre fin au «piétinement» de l’enquête judiciaire en cours. Contacté par «ALM», l’un des avocats d’Imane Bensaïd, Mohamed Tarek, a abondé dans le même sens. «La période de garde-à-vue reste un problème. 21 prévenus, parmi la cinquantaine arrêtée dans le cadre de cette affaire, n’ont toujours pas d’avocats pour prendre leur défense. Le rendez-vous de la prochaine audience a été fixé au 21 mai». Une échéance jugée «lointaine», surtout quand on sait que les femmes détenues refusent de mettre fin à la grève de la faim.

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