Grèves en cascade : Que veulent les syndicats ?

Grèves  en cascade :  Que veulent  les syndicats ?

Le dialogue entre le gouvernement et les syndicats aurait-il atteint l’impasse? En dépit de la rencontre entre le chef de gouvernement et les secrétaires généraux des syndicats les plus représentatifs, un climat de tension règne entre les deux parties. En témoignent les mouvements de grève qui sont devenus monnaie courante. A quelques jours de l’ouverture d’un nouveau round du dialogue social, la tension semble atteindre son summum entre les partenaires sociaux. Les divergences entre ces derniers paralysent déjà des secteurs socio-économiques vitaux dans le pays. Ce vendredi (6 octobre), les enseignants observeront une grève. Le timing n’est pas fortuit puisqu’il coïncide avec la Journée internationale de l’enseignant. Les quatre syndicats à l’origine de ce débrayage, à savoir la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, l’Instance nationale de l’enseignement, le Syndicat indépendant de l’enseignement au Maroc et la Fédération démocratique de l’enseignement, disent que «l’atteinte à la dignité et à l’honneur des femmes et des hommes de l’enseignement est une ligne rouge». Ces derniers appellent les responsables à la détermination des responsabilités dans l’échec du plan d’urgence pour la réforme du secteur. Mais ils revendiquent également la publication des résultats de la promotion et de l’avancement dans les échelles de l’administration pour les fonctionnaires ainsi qu’un nouveau système de contrats. Mais les enseignants ne sont pas les seuls à manifester leur colère. Le personnel des collectivités locales sera également en grève les 16 et 17 octobre. L’appel a été lancé par l’Organisation démocratique des collectivités locales, la Fédération nationale des fonctionnaires des collectivités locales et le Syndicat indépendant des collectivités locales. Les syndicalistes annoncent également l’organisation d’un sit-in devant le siège du ministère de l’intérieur. Dans ce secteur, les mouvements de débrayage ne se terminent que pour reprendre de plus belle. Cette situation dure d’ailleurs depuis des années sans que les deux parties en conflit ne parviennent à trouver un terrain d’entente. Le secteur de la santé pourrait aussi connaître des perturbations puisque les syndicats ont décidé de se réunir la semaine prochaine afin de prendre une décision commune sur les mesures à prendre. C’est donc une véritable cascade de grève que connaît le pays ces dernières semaines. D’autres secteurs avaient été touchés cette semaine. C’est le cas des transports où la grève des syndicats des chauffeurs d’autocars paralyse les gares routières dans les grandes villes, notamment Casablanca et Rabat. Les professionnels du secteur disent que le gouvernement se contente d’appliquer les sanctions prévues par le code de la route sans rien faire pour améliorer leurs conditions de travail. Ils affirment que le ministère de tutelle se focalise depuis le drame de Tichka, où 43 personnes avaient trouvé la mort, sur la répression en négligeant le volet de la sécurité routière et les revendications sociales des professionnels. Cette grève a été suivie par la majorité des chauffeurs alors que d’autres syndicats de transports s’apprêtent à organiser une marche nationale placée sous le signe de l’indignation. Dans le secteur de la justice, les membres du Club des magistrats du Maroc s’apprêtent à organiser, ce samedi 6 octobre, un sit-in devant la Cour de cassation à Rabat, alors que les greffiers étaient en grève la semaine dernière.

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