Guinée équatoriale : du poisson mais à quel prix !

Pourquoi donc certains armateurs marocains vont jusqu’à l’équateur pour pêcher? D’après un membre de la profession, interrogé par ALM, c’est d’abord par manque d’informations. Une telle expédition n’est pas rentable  surtout pour les céphalopodiers.
De plus, au prix où en est le gas-oil aujourd’hui, 630 dollars la tonne contre 170 il y à peine deux ans et demi, traverser toute la côte Ouest africaine pour rejoindre la Guinée équatoriale, est trop coûteux. «A moins d’y pêcher des pépites d’or, on ne peut pas sur une telle distance équilibrer les comptes d’exploitation», affirme le directeur général d’une entreprise de pêche dont le siège se trouve à Rabat et qui a été autrefois tenté par l’expérience.
Par le passé, poursuit-il, «on arrivait à compenser le facteur qualité (les espèces de poissons pêchés là-bas son faiblement cotés sur le marché international) par la quantité. Aujourd’hui, avec la flambée du brut, c’est impossible». Les quelques bateaux européens qui ratissent les côtes de ce pays au climat équatorial chaud et humide, sont subventionnés par l’Union.
D’ailleurs, aux dires des armateurs, le pays du président Teodoro Obiang Nguema, beaucoup connu pour être une éponge d’hydrocarbures qu’une zone de pêche,  n’est pas le seul avec lequel le Maroc est lié par un accord-cadre. Une mission d’armateurs vient tout juste d’effectuer un voyage de prospection en Angola. Dans les conclusions, il est dit que les prix des espèces pêchées dans  ce pays ne justifient pas une expédition. D’autres missions ont concerné des pays du Moyen-Orient. Sans résultat. Les poissons pêchés dans les eaux marocaine, mauritanienne et dans une moindre mesure, sénégalaise, sont parmi les plus cotées dans les marchés internationaux.
Aussi, du  point de vue intrinsèque de la rentabilité, beaucoup d’accords signés entre le Maroc et les pays étrangers sont condamnés à être symboliques.

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