Habib El Malki : «L USFP ne doit plus continuer à fonctionner de manière centralisée»

Habib El Malki : «L USFP ne doit plus continuer à fonctionner de manière centralisée»

ALM : A quelques jours du congrès de l’USFP, comment se déroule la campagne ?
Habib El Malki : La campagne entre les différents candidats se déroule dans des conditions normales marquées par le respect des uns et des autres. C’est une nouvelle culture politique au sein du parti. Dans ce sens, l’USFP a toujours été pionnier dans l’approfondissement de la démocratie, non seulement au sein du pays, mais aussi à l’intérieur du parti.
 
Comment évaluez-vous vos chances?
Ma campagne est une campagne de terrain, de proximité. Plusieurs réunions ont été tenues dans différentes provinces du sud au nord, de l’est à l’ouest, des réunions tournées vers les jeunes, les femmes, la nouvelle génération de forces populaires.
L’élément nouveau de cette campagne, c’est le programme qui, en ce qui me concerne, est basé sur la notion de refondation du parti pour qu’il fonctionne véritablement comme l’institution de notre parti. Nous revendiquons la démocratie, ceci implique une institutionnalisation de notre travail quant à son mode de fonctionnement et le processus de prise de décision qui doit se faire indépendamment des aléas de la conjoncture, des tempéraments et des humeurs. C’est là que réside la modernité politique.   
 
Qu’est ce qui vous a motivé à vous porter candidat?
Je suis un démocrate et je considère que la légitimité démocratique permet au parti de se reconstruire sur des bases différentes de celles du passé. J’appartiens à une génération intermédiaire entre des dirigeants historiques et ceux qui ont pris sur eux la mission de continuer à travers les exigences de la période actuelle de l’histoire du pays, d’édifier une société démocratique et moderne.
Le besoin de participer à cette grande mission a motivé ma candidature.
 
Il y a aujourd’hui un désamour entre le citoyen et le politique, un fossé entre le parti et la base. Comment y remédier et quelle est, dans ce contexte, votre solution face à la crise identitaire et organisationnelle que traverse le parti?
Mon programme met l’accent sur le fait que la démocratie au Maroc a besoin d’un grand parti de gauche et que l’USFP dans cette nouvelle étape doit démontrer ce que c’est qu’un parti de gauche. Malheureusement le champ politique marocain est marqué par la misère de la politique qui se traduit par la dégradation des valeurs, l’absence d’éthique et une grande désaffection du citoyen pour la politique. Si on ne redéfinît pas une nouvelle relation avec le citoyen basée sur la confiance pour retrouver la noblesse de la politique, c’est un grand danger qui nous guette. La misère de la politique conduit à des pratiques populistes. On l’a vu à travers l’histoire, le populisme débouche sur des aventures très coûteuses aux dépens de la démocratie, la cohésion sociale et menaçant les fondamentaux de la nation.
 
Vous avez évoqué le populisme, des observateurs peuvent distinguer deux genres de candidats à l’USFP, «les populistes» et «les élitistes». Qu’en pensez-vous ?
L’USFP dans son histoire n’a jamais connu une vague de populisme. Les candidats partagent les mêmes valeurs, ils appartiennent à la même famille politique. Les différences sont plus liées au style et aux pratiques de chacun. Le populisme se trouve plus dans l’autre camp. C’est-à-dire dans l’expérience du nouveau gouvernement. Le populisme est un grand danger, il n’interpelle pas la raison mais exploite les sentiments des citoyens. Et une politique saine et constructive ne doit pas instrumentaliser les difficultés des citoyens.

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