Habitat insalubre et corruption

Encore une fois, le souverain s’est attardé sur le problème de l’habitat insalubre qui bloque toute tentative d’urbanisation. La demande sur l’habitat locatif a connu une nette augmentation malgré le rythme infernal de construction de logements économiques. Selon les statistiques officielles du Secrétariat d’Etat à l’habitat 50 pc des familles marocaines en milieu urbain sont actuellement des locataires. Tous les Marocains s’accordent sur le fait que l’habitat insalubre est une pépinière par excellence de tous les maux sociaux. Le souverain a consacré une bonne partie de son discours à ce phénomène nuisible. « Nous avons, en effet, accordé une place éminente à la dimension socio-économique des politiques publiques, en focalisant les efforts sur les projets essentiels qui visent à éradiquer les bidonvilles par la réalisation d’un habitat salubre. », a déclaré SM le Roi lors du discours du Trône du 30 juillet 2003. Le souverain a demandé clairement que les réalisations devraient être à la mesure de la clarté des directives, de l’importance des enjeux et surtout du poids des responsabilités qui doivent être assumées pleinement. Ce qui ne fut pas le cas constate SM le Roi. «En retenant le seul domaine de la lutte contre l’habitat insalubre, Nous mesurons assurément l’ampleur des difficultés et apprécions à leur juste valeur les projets réalisés ou programmés, mais il n’en demeure pas moins que Nous Nous attendions à un bilan à la mesure des défis. Notre discours du 20 août 2001 avait tiré la sonnette d’alarme, mettant en garde contre la prolifération des bidonvilles et de l’habitat insalubre qui constituent une atteinte à la dignité du citoyen et une menace à la cohésion du tissu social, et appelant à l’adoption d’un programme national de solidarité, fixant avec précision les responsabilités de chacun.» . Deux ans plus tard, SM le Roi a lui-même constaté en se déplaçant à travers plusieurs régions du Royaume, la propagation et l’amplification des bidonvilles dans de nombreuses villes de notre pays alors que Sa Majesté s’attendait à une éradication progressive de ce fléau. Le Souverain est allé plus loin en dénonçant cette situation tout en déterminant les différents responsables. «Ces constructions anarchiques ne sont tout de même pas tombées du ciel, pas plus qu’elle ne se sont répandues sur terre du jour au lendemain ! En réalité tout le monde est responsable de cette situation, depuis le citoyen – qui soudoie aujourd’hui un responsable, lequel pourrait repasser aussitôt après avec un bulldozer, pour détruire la « baraque» dudit citoyen, sous ses yeux- jusqu’aux différentes autorités et collectivités locales qui font preuve de laxisme dans la lutte contre la propagation des bidonvilles, au lieu de s’impliquer davantage et d’encourager la construction d’habitat insalubre. Devrait-on pour autant s’y résigner comme devant une fatalité ?» s’est interrogé le Souverain. Animé par son esprit positif, SM le Roi considère que si la situation est inquiétante, elle n’est pas pour autant désespérée, mais encore faut-il s’y prendre d’urgence.

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