Habitat insalubre : La plaie qui fait mal

Parmi les priorités tracées par SM le Roi Mohamed VI figure la problématique de l’habitat insalubre, sur laquelle le souverain est revenu à plusieurs reprises avec insistance. D’où la mobilisation de tous les intervenants, à commencer par le nouveau gouvernement. Et lorsque l’on évoque l’habitat insalubre, la première réflexion qui saute à l’esprit se fait autour des bidonvilles et des quartiers périphériques qui ont connu une poussée vertigineuse depuis plus d’une décennie.
Les facteurs conduisant à cet état de fait ont été énumérés à maintes reprises et chaque fois que l’occasion se présente. L’exode rural, l’ascension du coût de la vie, la pression démographique, le chômage et la crise économique sans parler de plusieurs saisons successives de sécheresse, la pauvreté, l’analphabétisme, etc.
Toute cette panoplie d’ingrédients favorisant la propagation de ce phénomène a été décortiquée en théorie depuis un bon bout de temps, à coups de séminaires, de tables rondes et d’émissions télévisées. Même la demande sur l’habitat locatif a connu une nette augmentation, malgré le rythme infernal de la construction de logements économiques. Selon les statistiques officielles du Secrétariat d’Etat à l’habitat 50 pc des familles marocaines en milieu urbain sont actuellement des locataires.
Mais rien n’a été fait, à part le déclenchement du plan de deux cent mille logements qui tarde par rapport à son rythme initial pour atteindre son échéance en temps voulu. De nos jours, l’on vient de s’apercevoir que l’habitat insalubre est une pépinière par excellence de tous les maux sociaux. Plus grave encore, toutes les formes d’intégrisme sont issues des quartiers périphériques où les forces de l’ordre ont une faible présence et, souvent, elles n’osent guère s’aventurer dans les dédales des bidonvilles. C’est dans ces mêmes habitations où a lieu la promotion des dealers, des délinquants et toute sorte de dérive sociale. Mais le pire, c’est la vague de crimes et d’homicides, survenue l’été dernier, et qui a été perpétrée par des membres de certains groupuscules obscurantistes qui se cachent derrière les principes d’un islam qu’ils ont conçu sur mesure.
Avant 2002, beaucoup de Marocains et surtout de casablancais ignoraient l’existence même d’immenses bidonvilles au bord de la ville, comme le quartier Chichane ou Douar Sékouila ou encore Sidi Moumen. Tout à coup, ces noms bizarroïdes ont commencé à faire la « Une » des journaux nationaux. Des espaces habités où les notions d’infrastructure et d’hygiène sont totalement abstraites. La précarité et l’incertitude sont les maîtres-mots dans ces agglomérations qui ressemblent plus à des camps de réfugiés qu’à des bidonvilles. La réalité est sincèrement décourageante.
A voir le nombre de bidonvilles qui profilèrent aux périphéries des grandes villes du royaume (Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Fès et Méknès), il y a lieu de s’interroger sur la durée que prendrait l’application d’un éventuel plan de remédiation. Cela va sans parler de l’habitat insalubre dans les villages, les petites villes et dans les patelins lointains. C’est une rude tâche que celle qui attend les responsables chargés du dossier de l’habitat et de l’aménagement du territoire en général.

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