Haro sur l’amalgame

Faouzi Assim, chirurgien urologue à Meknès et membre de la société marocaine d’urologie, ne partage pas l’avis dominant chez les acteurs optimistes de la société civile. «Personnellement, dit-il, je n’attends rien de ces élections. Car elles ressemblent à celles qui les ont précédées». Et de répliquer que «sans verser dans le nihilisme primitif ou le purisme infantile, les choses sont claires».
Tout le dispositif mis en place n’a d’objectifs que de confirmer la stratégie d’alternance consensuelle. Mais sous une nouvelle forme, c’est-à-dire sur la base d’une nouvelle expérience électorale . D’ailleurs, les partis jouent le jeu et l’engagement politique n’a plus de goût. Il est banalisé et gratuit ; alors qu’auparavant, il est était difficile à entretenir et impliquait la vie même du militant. Ceci étant, il n’en demeure pas moins important de souligner l’importance de l’engagement dans l’amorce et la garantie du changement et du progrès social. La société, ajoute-t-il, se doit d’être plus impliquée dans la gestion de la chose publique et les partis politiques sont appelés à engager une véritable action de moralisation de leur gestion interne. Mais, remarque-t-il, force est de constater que les programmes politiques des uns et des autres se ressemblent et que l’amalgame est de mise.
«L’engagement perd sa substance réelle quand la gauche, dit-il, porte les couleurs de la droite et que des candidats aux législatives ne représentent ni leur parti politique ni les couches sociales auxquelles ils appartiennent». Néanmoins, reconnaît -t-il, le mode de scrutin actuel «n’est pas si mauvais et ce, même s’il est compliqué».
En ce qui concerne les réactions de la population, M. Assim estime que les gens sont sceptiques à l’égard de l’expérience actuelle et la considère comme étant une rediffusion des anciennes expériences. Cette position se justifie à son avis par la «fluidité et l’importance de l’argent qui circule et par le non-respect par les dirigeants des partis politiques des principes de la démocratie dans la gestion de leurs affaires internes».
Bref, à la lumière de ces propos, l’on sent l’odeur d’un programme allant à l’encontre des stratégies de participation politique en cours.

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