Harouchi : «L’exclusion menace le développement»

ALM : La campagne de solidarité initiée cette année par la Fondation Mohammed V s’est recentrée sur la jeunesse . Qu’en pensez-vous ?
Abderrahim Harouchi : C’est une cible prioritaire. L’inclusion des jeunes est devenue un élément extrêmement important dans toute évolution. Car il faut savoir que les jeunes constituent indéniablement le plus grand potentiel de développement et de croissance. Autrement dit, les jeunes incarnent l’avenir de la nation.
D’un autre côté, la promotion des jeunes est l’un des meilleurs moyens de lutte contre l’exclusion sociale et toutes les répercussions néfastes qui s’en suivent. Grâce à l’alphabétisation et la formation, beaucoup de jeunes seront facilement intégrables dans tous les projets de société que le Maroc est appelé à mettre en oeuvre. Je suis particulièrement heureux que la Fondation Mohammed V pour la solidarité ait ciblé les jeunes pour sa campagne de cette année. Ainsi, le ministère de tutelle se trouve maintenant dans l’obligation de préparer une stratégie qui va dans le même sens et qui est surtout basée sur la lutte contre l’exclusion des jeunes. Du vrai travail en perspective.
Justement, puisque votre ministère est impliqué de facto dans cette stratégie de grande envergure, peut-on parler d’objectifs réalisables à court et à moyen, termes ?
Il existe un autre aspect qui concerne l’inclusion des jeunes. C’est l’aspect préventif. C’est-à-dire qu’il faut tout mettre en oeuvre pour inclure les jeunes, à travers la société civile. Quand on donne à des jeunes une formation, cela revient à dire qu’on leur donne un métier et par conséquent on change complètement leur vie. D’où le rôle extrêmement intégrateur du travail. Je tiens à signaler qu’il y a quotidiennement des expériences entamées par des associations dans le domaine de l’alphabétisation, l’éducation non formelle et la formation, justement pour voir à quel point et quels sont les objectifs réalisables à court terme. Certes, il y a des politiques générales diffuses et très étendues qui ont pour objectif de toucher tout le monde et ne rater personne. Mais en parallèle, il serait plus bénéfique de déterminer un objectif en l’identifiant. Si l’on s’aperçoit par exemple de l’existence d’un quartier où il y a beaucoup de jeunes qui souffrent de la précarité après avoir quitté l’école, il serait prioritaire de s’en charger pour faciliter le plus rapidement possible leur réintégration. Et par la même, et c’est là l’aspect préventif dont je vous ai parlé, éviter davantage de déscolarisation. N’oubliez pas que près de 60.000 jeunes qui quittent l’école chaque saison. Il faut donc se battre à tous les niveaux, à partir de la famille. Personne ne doit ignorer que dès qu’un enfant quitte l’école, il est automatiquement exposé à tous les maux. Et plus le temps passe, plus les égarés risquent de devenir irrécupérables
En principe, la problématique est bien plus compliquée qu’elle nécessite l’implication de tous. Partis politiques, entreprises, établissements etc….et de façon effective. Qu’en dites-vous ?
Je crois que c’est là le véritable problème. Les déficits sociaux comme la pauvreté et l’exclusion représentent une menace pour le développement du pays et même pour le développement de l’individu.
Pour y remédier, il ne faut surtout pas penser que c’est une affaire qui ne concerne que l’Etat. Nous sommes tous responsables, État, société civile, institutions, familles et individus. Il est dans notre intérêt, et il en va de l’avenir des générations futures, de nous mobiliser pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Dans ce sens, il ne faut pas oublier le grand rôle qu’a joué SM Mohammed VI et la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Ils ont réanimé le principe même de la solidarité, qu’il va falloir consolider et renforcer en se responsabilisant et en se sentant coupable en manquant à l’appel de la solidarité.

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