Hicham Doukkali s’effondre devant le juge et demande pardon pour ce qu’il a fait

Hicham Doukkali s’effondre devant le juge et demande pardon pour ce qu’il a fait

L’instruction du procès du kamikaze Hicham Doukkali a repris mardi 16 octobre. Trois mis en cause dans cette affaire ont été auditionnés par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Salé. Hicham Doukkali, le premier mis en cause dans cette affaire, a été entendu à deux reprises, depuis le 3 octobre. Selon une source informée, l’accusé s’est effondré devant le juge avant de déclarer qu’il regrette «amèrement» ce qu’il a fait. L’accusé, affirme la même source, a déclaré qu’il s’est rendu compte de la gravité de son forfait.Doukali, qui avait tenté de se faire exploser le 13 août à la place Lahdime à Meknès, près d’un car de touristes, est actuellement en détention dans la prison de Salé après une hospitalisation d’un mois et demi. Il a survécu à de graves blessures après la déflagration d’une bouteille de gaz qui lui a arraché la main gauche, brisé la jambe droite et causé des égratignures au niveau de l’abdomen et du thorax. Trois personnes soupçonnées d’avoir un lien avec l’acte criminel de Hicham Doukkali, avaient été relaxées le 22 août par le juge d’instruction qui les avait toutefois placées sous contrôle judiciaire.
Un quatrième accusé, H.A, avait été mis en détention provisoire à la prison locale de Salé. Par ailleurs, un communiqué du Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat avait indiqué que selon les conclusions de l’enquête préliminaire concernant H.A, qu’il était au fait du projet terroriste de Hicham Doukkali et qu’il avait discuté de ce plan avec le kamikaze en le convainquant de mener le Jihad à la manière de l’organisation Al Qaïda.
Pour rappel, Doukkali, 30 ans, marié et sans enfants, qui avait tenté de se faire exploser à l’aide d’un dispositif artisanal composé notamment d’une bouteille de gaz et d’un détonateur près d’un car de touristes sans faire de victimes, travaillait au service des impôts à Meknès. Il est poursuivi pour «actes terroristes ayant un lien avec un projet individuel dans le but de porter gravement atteinte à l’ordre public par la terreur, violence, fabrication, détention et usage d’explosifs contre la vie et la sécurité d’autrui».
Les quatre membres de son groupe, tous des ingénieurs, sont poursuivis par le Parquet pour «constitution d’une bande criminelle en vue de préparer et de commettre des actes terroristes visant à porter atteinte à l’ordre public» et «non dénonciation d’un crime terroriste», souligne-t-on auprès de sources proches du dossier.
À noter que selon les premiers éléments de l’enquête préliminaire, Hicham Doukkali et ses quatre collègues, auraient projeté de commettre un grand carnage. Un acte terroriste qui ferait un grand nombre de victimes. Selon les enquêteurs, les cinq individus auraient planifié une série d’attentats essentiellement contre les touristes qui visitent la ville, mais ils ne se seraient pas mis d’accord sur le timing et le modus operandi. Et dans cette confusion encore plus aggravée par l’étau qui s’est resserré, ces derniers mois, autour des réseaux islamistes, Hicham Doukkali s’est précipité et a décidé de faire cavalier seul.
Les quatre ingénieurs arrêtés ont été dénoncés par le kamikaze. L’un d’entre eux, H.A, a reconnu avoir été mis au courant par Hicham Doukkali de ses projets terroristes et avoir, lui-même, nourri l’ambition d’y être associé. Ce qui confirme l’hypothèse de l’existence d’une cellule qui planifiait pendant longtemps une série d’attentats terroristes particulièrement meurtriers dans la capitale ismailienne. Certaines analystes estiment même que, d’après les premiers indices révélés par l’enquête, ces attentats allaient constituer l’acte de naissance d’une nouvelle cellule terroriste. Le fait qu’aucun des cinq ingénieurs impliqués dans cet acte n’ait été fiché ou connu auprès des services de sécurité comme intégriste potentiel, corrobore cette thèse.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *