Hôpitaux publics : 16.700 prématurés décèdent chaque année à cause du manque de couveuses

Hôpitaux publics : 16.700 prématurés décèdent chaque année à cause du manque de couveuses

«Au total, 16.700 décès de prématurés sont recensés annuellement au niveau des hôpitaux publics. Il faut savoir que 60% des décès infantiles sont observés durant la période néonatale précoce (28 premiers jours de vie)», indique-t-on auprès du ministère de la Santé.  Un chiffre alarmant qui remet sur le tapis le déficit en couveuse. «Nous disposons de quelque 200 couveuses pour prendre en charge les prématurés. Ce chiffre couvre les 133 hôpitaux publics y compris les hôpitaux des 4 CHU à Rabat, Marrakech, Casablanca et Fès. Le coût moyen d’une couveuse coûte 70.000 dirhams», affirme Dr Abdelghani Drhimeur, responsable de l’Unité stratégie interne et communication à la direction des hôpitaux et des soins ambulatoires au ministère de la Santé.
Au déficit d’équipements de néonatologie, s’ajoute aussi le manque de médecins et de personnel médical bien formé en réanimation néonatale. « Le problème ne réside pas uniquement dans l’existence ou non de ces couveuses mais il est aussi lié à la disponibilité du personnel médical et infirmier qualifié pour utiliser ces équipements en cas de besoin pour réanimer un prématuré et prendre soin d’une maman qui accouche dans des conditions difficiles. Dans certains hôpitaux, il y a des couveuses vides faute de personnel qualifié», révèle Dr Drhimeur avant d’ajouter que «le secteur public dispose de 165 pédiatres, 228 gynécologues obstétriciens et de 1780 sages-femmes.  La stratégie du ministère de la Santé  cherche à corriger ces carences  et c’est justement l’occasion de mettre l’emphase sur cette pénurie des ressources humaines qui empêche une meilleure réponse à la demande».
En matière d’infrastructures sanitaires publiques dédiées à la prise en charge des nouveau-nés, le pays dispose de 92 maternités hospitalières qui réalisent 285.000 accouchements et 494 maisons d’accouchement qui réalisent 150.000 accouchements. Selon le ministère de la Santé, 63% des accouchements se font en milieu surveillé (maternité hospitalière ou maison d’accouchement avec médecin ou sage-femme qualifiée).
Pour contourner la problématique des décès maternels et néonatals, le ministère de la Santé a établi  toute une stratégie qui a pour ambition notamment de ramener le taux de mortalité infantile de 40 à 15 décès pour 1 000 naissances et le taux de mortalité maternelle de 227 à 50 décès pour 100 000 naissances. Cette stratégie vise à implanter des « SAMU Obstétricaux» au niveau des zones rurales et difficiles d’accès pour permettre d’assurer le transport des parturientes le plus rapidement vers les maternités ou les maisons d’accouchement les plus proches en cas d’urgence vitale pour les mères et les nouveau-nés. Pour faire face à la carence du personnel en la matière, le ministère de la Santé compte doubler le nombre de postes réservés à la formation de sages-femmes et de médecins résidents en gynéco-obstétrique. Il s’agit aussi d’organiser et de normaliser l’offre de soins en néonatalogie et  de créer  au moins un service de réanimation néonatale et de prématurité dans chaque région. Le ministère travaille sur l’élaboration d’une liste normalisée des équipements de réanimation en néonatologie. Il est aussi prévu un programme d’équipement de néonatalogie dont des couveuses et des tables chauffantes. 

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