Idriss Azami : «La convention entre le gouvernement et la CGEM est une charte pour la solidarité économique»

ALM : La signature de la convention de partenariat entre les secteurs public et privé mardi a valeur de message, dit-on. Lequel exactement ?
Idriss Azami : Celui qui a été livré par le chef de gouvernement quand il a dit que nous étions tous embarqués sur le même bateau. Je crois que jusqu’à maintenant on n’a pas forgé une image plus expressive pour convaincre de la communauté de destin et de la solidarité qu’elle doit engendrer si on en a clairement conscience. Abdelilah Benkirane a eu le mérite de dire les choses simplement et clairement : nous ne sommes pas seulement des passagers embarqués sur le bateau Maroc, nous formons une famille.
 
Lyrisme mis à part, qu’est-ce qu’il faut retenir de cette convention ?
Que c’est la première fois que les opérateurs publics et privés décident d’un commun accord, au-delà de la factice opposition dans laquelle les place une fausse mais largement répandue idée, et qui plus est, conviennent librement et spontanément d’agir dans le sens du progrès et du développement socio-économique de leur pays. Auparavant ce genre de rapprochement était rare et sans lendemain. Aujourd’hui le contexte a changé et le travail en commun relève du bon sens et de la clairvoyance.

Certes, mais on a l’impression que Benkirane ne refuse rien à l’entreprise qui, citoyenne ou pas, reste orientée vers le profit. Est-ce une bonne chose en prévision d’éventuelles négociations? Sur le dialogue social, par exemple.
C’est justement cela qu’il faut combattre : cette idée que l’entreprise est l’ennemie des travailleurs et du petit peuple et que l’Etat est l’ennemi de l’entreprise. Ce sont des préjugés d’un autre âge et le chef de gouvernement l’a dit clairement : il n’y a aujourd’hui que des Marocains soucieux du progrès de leur pays. Bien sûr, ils peuvent diverger sur un point ou un autre, mais rien n’empêche de régler les différends de manière paisible et responsable. Je dirai même : de manière solidaire.

Abdelilah Benkirane n’a pas fait mystère de son souhait de mettre les entrepreneurs en confiance. Y a-t-il réussi, selon vous ?
La signature de la convention en est la preuve. Un autre signe en est que le dialogue a été on ne peut plus amical et constructif. Le président de la CGEM et le chef de gouvernement ont tous deux exprimé leur souhait de voir tous les opérateurs travailler en bonne intelligence. Et cela d’autant plus que tout a été fait pour qu’il en soit ainsi. Citons à titre d’exemple l’assainissement du climat des affaires, la constitutionnalisation du Conseil de la concurrence, celle de l’Instance centrale de prévention de la corruption, l’autonomisation de la justice…

On a quand même l’impression que les objectifs déclinés tiennent plus de la Vision 2020 de la CGEM que du programme du gouvernement. Ce n’est pas votre avis ?
Détrompez-vous. La convention établit une entente entre deux contractants qui ont la volonté de se concerter sur ce qui pourrait être entrepris ensemble. La CGEM a certes des objectifs propres, mais qui doivent au préalable satisfaire au critère de l’intérêt général pour faire partie du domaine d’action commun. Ce qu’il y a c’est que les objectifs que s’est fixés la CGEM qui ont été estimés dignes d’intérêt en se situant dans la perspective de gestion développée par le gouvernement ont été retenus. L’amélioration de l’enseignement et de la formation, la responsabilité sociale et environnementale, l’assainissement du climat des affaires… sont de bonnes choses pour le pays tout entier et de l’être également pour l’entreprise ne saurait déplaire.

Oui mais qui va déterminer les sujets et leur priorité ?
La commission paritaire dont a parlé le chef de gouvernement. Elle se réunit tous les trois mois pour arrêter en commun un ordre du jour et un ordre des priorités. Outre cette commission, il y a des sous-commissions susceptibles de s’atteler plus particulièrement aux thèmes sectoriels.

Quand tout cela va-t-il être mis en œuvre ?
La commission se réunira très prochainement. Elle devra d’abord institutionnaliser l’idée en veillant à la mise en place des sous-commissions. Après cela, le pli sera pris.

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