Il faut rester vigilant

Il faut rester vigilant

Après les attentats de Riyad, pensez-vous que la menace terroriste plane toujours sur le Maroc?
Khalid Naciri : A priori, oui. Le déroulement de l’enquête judiciaire de grande envergure, actuellement en cours, a prouvé que le Maroc n’est pas totalement à l’abri d’un nouvel attentat terroriste après celui du 16 mai. Nous ne sommes pas entièrement épargnés. Je ne me base pas sur des informations officielles, mais il est impératif de le dire pour que nous fassions preuve de vigilance et prendre toutes nos précautions. Le Maroc demeure donc dans l’oeil du cyclone, c’est la raison pour laquelle il faut redoubler d’efforts pour nous prémunir.
D’un point de vue sécuritaire, le Maroc a-t-il tiré toutes les leçons des attentats du 16 mai?
Autant que je puisse en juger, un effort appréciable a été fourni. Il faut que nous rendions hommage aux services de sécurité qui ont effectué un travail remarquable. Toutefois, nous sommes aujourd’hui en droit de nous poser la question de savoir si ces efforts déployés sont suffisants. Personnellement, je ne peux pas en juger. Nous constatons que la vigilance sécuritaire est toujours en éveil. Je crois que nous devons donner encore plus de moyens à la société marocaine de se protéger face aux menaces qui la guettent.
Qu’en est-il du point de vue politique?
Là encore, des efforts ont été menés, certes. Mais ils ne sont toujours pas concluants. Le débat de fond qui devait être engagé, à la suite des actes terroristes de Casablanca, ne l’a été que de manière biaisée. La société marocaine est restée sur sa faim. Il est temps de mettre les points sur les « i » et de clarifier de manière absolue les contours du projet de société que nous voulons pour le Maroc. Les politiques à l’échelle de l’Etat, les partis politiques, la société civile et les médias sont interpellés pour que ce débat s’engage dans la sérénité et la clarté. Ce n’est qu’à ce prix que nous réussirons à mettre de l’ordre dans la demeure, et partant accompagner la transition démocratique.
Dans ce fameux débat de fond, le PJD occupe une place de choix. Que pensez-vous de l’idée de sa dissolution?
En tant que démocrate, je ne suis pas un éradicateur. Mais toujours en tant que démocrate je veux défendre la démocratie. Au lendemain des attentats du 16 mai, le PJD est interpellé, qu’on le veuille ou non. Il doit faire cesser ce flou artistique qui le caractérise. Certes, en tant que formation politique a sensibilité conservatrice et islamiste, le PJD a le droit de défendre ses idées. Mais pas de monopoliser la religion, ni de couvrir par un discours ambigu les dérives liberticides. Telle est ma position à l’heure actuelle.

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