«Il faut réussir les réformes»

«Il faut réussir les réformes»

ALM : Quelles sont les raisons de l’annulation du sommet de la Ligue arabe qui devait se tenir à Tunis à partir du lundi 29 mars?
Mohamed Benaïssa : personne ne dispose de toutes les données. Cela dit, je pense que le communiqué des Affaires étrangères tunisiennes est clair. Il fait état en guise d’explication du report des divergences des pays membres sur les réformes à engager. D’autres raisons peuvent entrer en ligne de compte comme le niveau de participation dans le sommet de Tunis.
Quels sont les pays qui bloquent les réformes de la Ligue arabe ?
Il ne faut accuser personne. Il existe des divergences sur la vision et l’ampleur de ces réformes. On était dimanche sur le point d’arriver à un terrain d’entente lorsque le ministre des Affaires étrangères tunisien annonça le report du sommet.
Certains voient la main des Etats-Unis dans cette décision de reporter. Qu’en pensez-vous?
Les gens aiment spéculer.
L’échec de Tunis signe-t-il la fin de la Ligue arabe ?
La Ligue arabe ne saurait disparaître car il existe un peuple arabe. Ce qui s’est passé à Tunis est surmontable.
Mais c’est une première dans les annales de la Ligue arabe que de reporter un sommet sine die…
Il ne faut pas être trop alarmiste. Au lendemain de la décision du report, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a entamé des consultations avec les chefs de la diplomatie arabe dont celui du Maroc qui assure depuis le mois courant et pour six mois la présidence de la 120ème session du conseil de la Ligue arabe.
Quel est l’objet de ces consultations ?
Décision a été prise de rassembler dans les semaines à venir, lors d’une réunion extraordinaire au siège de la Ligue au Caire, les ministres des Affaires étrangères des 22 pays de la Ligue arabe en vue d’étudier la possibilité de préparer les conditions d’un nouveau sommet arabe.
Le rendez-vous arabe de Tunis était très attendu surtout après l’assassinat, par l’armée israélienne, du leader du Hamas, Cheikh Yassine…
Le sommet devait débattre de la question palestinienne en vue de la redynamisation de l’initiative arabe du sommet de Beyrouth. L’événement de Tunis devrait être aussi, au-delà de la situation dangereuse du Proche-Orient, le sommet de l’avenir du monde arabe dans les domaines économique, social et culturel.
D’ailleurs, des projets allaient être soumis dans ce sens, pour initier une réforme de la Charte de la Ligue arabe qui n’a pas connu le moindre amendement depuis sa création en mars 1945. Il faut donner un contenu économique aux relations inter-arabes par la réactivation du conseil économique et social de la Ligue. D’ailleurs S.M le Roi Mohammed VI n’a de cesse d’appeler à une véritable coopération entre les pays arabes pour faire émerger une communauté économiquement forte et solidaire.
Pourquoi le président tunisien a-t-il refusé de recevoir les ministres des Affaires arabes après l’annulation du sommet ?
Nous avons été informé que le président de la République tunisienne avait un mal d’angines.
Quelle est la position du Maroc au sujet du report du sommet ?
Il convient de souligner que le Maroc, cité en exemple comme le pays arabe qui a initié un processus d’ouverture et de modernité important, n’est pas concerné par les réformes de la Ligue arabe. Mais par esprit de solidarité entre pays frères, il reste disponible pour apporter son concours pour la réussite de la mise en oeuvre des réformes en question pour que nous puissions, nous arabes, aller de l’avant. Le temps est à l’action.

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