Ils voulaient refaire le 16 mai

Ils voulaient refaire le 16 mai

Le terrorisme islamiste s’empare de nouveau de l’actualité. Mardi, la ville de Berrechid a été le théâtre d’un affrontement spectaculaire entre des éléments de la police et deux individus, réfugiés dans un appartement à Hay Hassani. Les deux individus en question se nomment Salaheddine Dbich et Hicham Derbali, tous deux nés en 1975 à Casablanca et sans profession.
En fait, ils avaient une profession qui ne faisait aucun mystère pour les éléments de la police : semer la terreur. Les deux intéressé étaient en effet recherchés pour leur implication dans les attentats du 16 mai. Leur abri était sûr, jusqu’à mardi matin. Ce jour-là, des coups frappés à la porte ont donné une nouvelle tournure à la vie courante de Salaheddine Dbich et Hicham Derbali.
Les coups ont été suivis par la sommation d’ouvrir la porte. Les deux suspects n’ont pas cherché à fuir par la fenêtre. Ils ont surgi par la porte pour se frayer un chemin, sabre à la main, parmi les forces de l’ordre. Un policier a été blessé au côté droit du buste. Ses compagnons ont dû user des armes à feu pour arrêter les deux fuyards. L’un d’eux a été blessé à la jambe. L’autre a été neutralisé grâce à la collaboration de la population. Nombre de personnes, qui se sont arrêtées devant l’immeuble de quatre étages investi par les éléments de l’ordre, ont volé à la poursuite de Salaheddine Dbich et Hicham Derbali, lorsqu’ils ont surgi de l’immeuble. Le policier blessé par le sabre et le fuyard touché par une balle ont été transportés dans l’hôpital de la ville.
Les forces de l’ordre sont ensuite entrés dans l’appartement. Ils ont arrêté une jeune femme nommée Souad Khalif. Sa carte d’identité mentionne un lieu de résidence à Béni Meskine. Cette femme serait la compagne de l’un des suspects arrêtés. Les policiers ont également découvert dans cet appartement huit caisses contenant des produits pouvant entrer dans la fabrication d’explosifs. Selon une source autorisée, ces produits sont de la même nature que ceux utilisés dans les attentats de Casablanca. Cette source refuse toutefois d’en dire plus sur ces produits, conservés dans des bidons. La police a également mis la main sur des centaines de faux billets de banques d’une valeur de 200 et 100 DH. Les vrais terroristes et faux-monnayeurs disposaient d’un ordinateur et d’un scanner performant. Ils l’utilisaient pour fabriquer de l’argent. Selon une source policière, Salaheddine Dbich et Hicham Derbali se préparaient à commémorer d’une façon funèbre le premier anniversaire des attentats de Casablanca. Ils préparaient un coup de la même ampleur.
Au reste, la résistance des deux terroristes par des sabres rappelle une arrestation à Casablanca. On se souvient de la résistance de Mohamed Damir et Rabiâ Aït Ouzou au quartier dar Sadri. Un policier avait été grièvement blessé au coeur. Mohamed Damir a été condamné à mort et Rabiâ Aït Ouzou est morte des suites de ses blessures à l’hôpital. Les deux hommes faisaient partie du groupe takfiriste de Youssef Fikri. Le même scénario s’est produit à Meknès et Fès quand les forces de l’ordre ont essayé d’arrêter Abdelouaheb Arrabaâ, inculpé également dans les attentats de Casablanca.
D’ailleurs, cette ressemblance dans la façon de résister aux services de police n’est pas le seul dénominateur commun entre les impliqués dans des attentats terroristes. Il existe un élément plus troublant : de faux billets de banques ont conduit les enquêteurs, au début de ce mois, vers deux membres du groupe Assirate Al Moustakime. Le 10 avril, Khaled El Hasari et un certain Samir ont été arrêtés à Khouribga, suite à une enquête sur de faux billets de banques. Les deux faux-monnayeurs sont des Takfiristes qui avaient lapidé jusqu’à la mort Fouad Al Kardoudi à Casablanca. La falsification des billets de banque serait-elle devenue la nouvelle spécialité des islamistes?
De la foi dévoyée à la fausse monnaie, en passant par des laboratoires clandestins d’explosifs, nos islamistes locaux continuent leur chemin de la militance vers le grand banditisme. Les modus operandi sont de plus en plus ressemblants. Les forces de sécurité doivent tenir de plus en plus compte de cette nouvelle donne.

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