Impliquer la jeunesse dans l’associatif

Placer la jeunesse et les problèmes qu’elle rencontre au centre des préoccupations, en l’accompagnant au mieux dans sa démarche de développement de sa personnalité et d’apprentissage de la citoyenneté, demeure l’objectif à atteindre.
En effet, au-delà du champ traditionnel des activités socio-éducatives et sportives, la prise en compte de l’insertion sociale des jeunes et dans la vie associative témoigne de cette volonté de couvrir, en liaison avec les instances concernées et les partenaires associatifs, l’ensemble des domaines dévolus à l’animation et à la formation permanente dans le champ social, et de favoriser une certaine cohérence dans la réalisation des actions afférentes.
Au delà de l’effort théorique et discoureur important consenti depuis quelques années au profit de la jeunesse, il s’avère délicat d’en évaluer les effets et l’impact en terme d’insertion, tant le champ reste complexe et tant les objectifs des projets associatifs sont souvent entre-mêlés et limités dans le temps. Parler d’une politique relative à la jeunesse se révèle une démarche opaque. La majorité, sinon la totalité, des associations et ONG nationales opèrent dans le domaine de l’enfance, de la solidarité, de la femme et des handicapés. Seul le réseau Maillage Maroc est venu combler un peu ce vide, en se consacrant carrément aux jeunes, notamment ceux des quartiers populaires. D’après Ahmed Ghayet, président de Maillage, « il n’existe pas d’associations de jeunes. A la limite, on trouve des associations d’adultes qui parlent des jeunes ou en leur nom. D’après notre jeune expérience, je suis convaincu qu’une politique de responsabilisation consacrée aux jeunes est capable d’aboutir. En une seule année de son existence, le réseau Maillage Maroc est à sa septième association.
Toutes, composées, gérées et intégrées par des jeunes. Ils ont vraiment envie de faire des choses, mais ils souffrent d’un manque effroyable d’encadrement, de subvention mais surtout de considération. »
Pour autant, la définition d’une politique d’insertion des jeunes et sa mise en oeuvre demeure un axe stratégique dans lequel beaucoup de moyens devraient être concentrés de façon majeure. Avec l’idée d’un développement local durable où l’ensemble des acteurs prennent part à ce développement. Depuis la décision royale de réduire l’âge de vote à 18 ans, le message est clair. Dans ce sens, ajoute M.Ghayet, « je ne comprends pas ce discours en vogue depuis des années et qui affirme que les jeunes sont désintéressés de la politique !! La réalité est tout à fait le contraire. C’est la politique qui s’est désintéressée des jeunes. Les prochaines élections locales constituent une occasion en or pour renouer avec la jeunesse. Mais gare à l’erreur. Il ne faut pas les considérer comme de simples instruments de vote. » L’accompagnement, le suivi et le soutien du service de la jeunesse et des sports aux actions d’insertion émanant du secteur associatif visent, en référence à un objectif global d’insertion, à veiller à la qualité des projets présentés autant qu’à l’ébauche de solutions face aux difficultés de cadrage inhérentes à un champ investi partiellement parce qu’encore neuf, bien qu’il soit ancré dans notre culture quotidienne depuis l’indépendance. Les projets pilotes relevant d’une logique interministérielle ou partenariale devraient impliquer directement les jeunes.
Au demeurant, il s’agit d’aller au-delà d’une simple logique de subventionnement, justifiée dans certains cas, pour que le secteur associatif (notamment celui de la jeunesse) s’approprie ce champ d’intervention et en mesure les enjeux. Ceci nécessites parfois, une remise en question des modalités d’action traditionnelles et occupationnelles.

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