Injection, sniff et « Free-biz »

Issue de la distillation des feuilles de coca séchées, la cocaïne est caractérisée par un effet rapide. L’assurance qu’elle procure au consommateur, à travers un sentiment de vigueur physique et mentale, ainsi qu’une sorte de nirvana intervenant dans l’immédiat, en font l’une des drogues les plus redoutables que l’humanité aurait connu.
La puissance physique qu’elle procure se caractérise par une sorte d’indifférence à la douleur et à la fatigue. Dans la peau d’un dopé, le cocaïnomane recherchera à atteindre cet état par tous les moyens. Rapidement, la dépendance l’enfermera dans ses dédales et il sombrera dans la dépression et l’anxiété. Surgiront par la suite des troubles cardiaques, psychologiques et physiologiques, escortés de délires et de comportements paranoïaques.
Pour en arriver là, le chemin n’est pas très long. Comme il est valable pour toute drogue, la dépendance et l’accoutumance de l’organisme inciteront le sujet à augmenter progressivement sa dose. Petite au début, elle prendra des dimensions monstrueuses au fil des jours.
Toujours en quête d’un effet plus virulent, le cocaïnomane cherchera à modifier le mode d’administration de la poudre blanche. Auparavant, le mode d’administration par excellence consistait à se faire injecter la substance. L’effet est conséquemment plus immédiat et plus dévastateur. L’injection présentait en effet des risques d’overdose car une petite imprécision concernant le dosage était souvent fatale.
Cependant, le recours à l’injection a cédé la place au sniff et à l’inhalation. Ce mode d’administration puise sa légitimité dans une prise de conscience des risques que représente le Sida, sachant que dans une clique, la même seringue pouvait injecter son poison dans les veines de tout le tour de table. Un billet de banque roulé sert souvent de mini pipe-line pour le sniff. Placé dans le nez, le billet-tube va servir à aspirer la poudre et la propulser au fond des fosses nasales.
Un autre procédé, lorsque le sujet cherche à être discret, notamment dans un lieu public, consiste à induire une simple cigarette avec un peu de salive et la saupoudrer de cocaïne. Consommée, cette cigarette entretiendra l’effet du nirvana antérieurement atteint grâce au sniff.
Cherchant toujours à tirer le maximum d’effet de la blanche, les tristes spécialistes n’ont cessé d’innover, rivalisant de funeste imagination. Ainsi, un autre procédé, qualifié d’être plus ravageur que le sniff, est communément appelé « free-biz », mais il nécessite une grande quantité de poudre et n’est cependant utilisé que par ceux qui en ont les moyens. Le « free-biz » consiste à mélanger une quantité de cocaïne avec son double de bicarbonate de soude et un peu d’eau minérale. Le tout est brassé pendant quelques minutes jusqu’à obtenir une pâte blanche. Ce processus permet d’éliminer les autres substances avec lesquelles est coupée la cocaïne.
La pâte obtenue est ainsi fumée grâce à une sorte de pipe à eau improvisée à l’aide d’une bouteille en plastique, du papier aluminium en guise de réceptacles de la pâte et sur lequel on dispose préalablement de la cendre de cigarette. Consommée par petites bouffées espacées – risque d’overdose oblige – cette pâte semble procurer le plus intense des effets.

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