Istiqlal: 56% des têtes de liste sont de nouveaux venus : La solidarité sociale au programme

Abbas El Fassi n’a pas pu s’empêcher, mercredi à Rabat, à l’ouverture des Assises que le parti de l’Istiqlal a consacrées à la présentation de son programme électoral, de jeter la pierre aux formations politiques concurrentes. En ouvrant – dans le même hôtel où concomitamment se tenait une réunion du PPS, son allié dans la Koutla-, une réunion à laquelle ont participé des cadres des instances centrales du parti ainsi que des élus locaux, le secrétaire général de l’Istiqlal s’est pourtant déclaré confiant et sans amertume.  Confiant en ce qui concerne les performances aux législatives anticipées et sans amertume en ce qui a trait à ceux qui ont chahuté la solidarité de son équipe en allant quérir alliance dans l’opposition. Au cours d’un exorde dans lequel il s’est présenté comme l’homme du consensus – ce qui d’après lui est une condition essentielle à l’exercice de la fonction de chef de  gouvernement-, il a tenu à décliner l’action de son parti en termes de différences. «Je ne vais pas vous présenter notre programme, mais plutôt ce qui nous distingue et nous différencie des autres», a-t-il affirmé. Ces différences, Abbas El Fassi les a néanmoins fait procéder de la longue tradition de militantisme chez l’Istiqlal et qu’il a appelées les fondamentaux. Ils ont pour noms l’Islam médian porteur de justice sociale, la Monarchie constitutionnelle qui rassemble et l’Unité territoriale du Royaume souverain sur toutes ses terres, y compris, a-t-il dit, celles qui sont encore spoliées. Le secrétaire général de l’Istiqlal qui s’est déclaré confiant sur les perspectives que ne manquera pas d’ouvrir à la Nation l’application de la Constitution du Ier juillet qui, d’après lui, s’est inspirée de ce qu’il y a de meilleur dans les meilleures, a mis en exergue le travail de la Koutla qui, dès 1992, a contribué à façonner les événements qui ont conduit à l’alternance consensuelle et au Maroc nouveau. Pour lui, le maître mot aujourd’hui est la raison. «Considérant le contexte national et international, on ne peut qu’être optimiste, raisonnablement optimiste», a-t-il affirmé. Et c’est en se réclamant de ce raisonnable qu’il a annoncé une réduction de 20% des dépenses de fonctionnement afin de soulager la pression de l’endettement. C’est également de ce sentiment qu’il s’est déclaré convaincu de la nécessité de créer une caisse de solidarité qui, alimentée par la finance, les assurances et les télécommunications, n’a rien d’un nouvel impôt. Mais c’est à l’annonce des candidatures du parti qu’Abbas El Fassi a créé la surprise. La première est que 56% des têtes de liste sont de nouveaux venus aux fonctions  électives. Le secrétaire général de l’Istiqlal a tenu à l’affirmer d’emblée, ce choix a été fait par les membres locaux du conseil national et le comité exécutif n’y est pour rien, dont du reste 11 membres sur les 23 se sont déclarés candidats. Autre différence de taille selon Abbas El Fassi, 59% des candidats ont un niveau d’instruction égal ou supérieur au DES et 35% ont moins de 40 ans. A l’énoncé de ces chiffres, les commentateurs ont vite traduit que le tiers des candidats istqlaliens est éligible à la liste  nationale et qu’Abbas El Fassi est resté discret sur les candidatures féminines. Nizar Baraka est revenu avec plus de détails sur ce qui a été annoncé par Abbas El Fassi en déclinant les chiffres qui devront marquer l’action politique de l’Istiqlal. Il a ainsi réaffirmé les principes souvent mis en avant par le vieux parti telles que la solidarité nationale, la lutte contre la dépravation et la réhabilitation du service public. Il y a néanmoins ajouté une répartition équitable des richesses qui en dit long sur la faculté d’adaptation de l’Istiqlal. Adil Douiri, un des maîtres d’œuvre du programme, a également mis en avant la préoccupation sociale dans l’énoncé des différences de l’Istiqlal avec les autres formations politiques. Il a en particulier estimé que l’emploi est la clé de voûte de toute action visant le développement durable. L’Istiqlal promet la création de 170.000 emplois, a-t-il déclaré. Ce n’est pas de la démagogie, mais une promesse raisonnable, a-t-il affirmé.

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