Jalal Yacoubi : «Nous voulons juste un statut»

Jalal Yacoubi : «Nous voulons juste un statut»

ALM : Comment s’est déclenché le mouvement de grève ?
Jalal Yacoubi : Au cours des derniers mois, il y a eu une recrudescence certaine d’incidents en exploitation. Des enquêtes approfondies répondant aux normes internationales en la matière auraient permis d’en connaître les causes pour en tirer les enseignements et les recommandations aux pilotes afin d’éviter que d’autres incidents se reproduisent. Au lieu de cela, la direction de la RAM s’est contentée de distribuer des sanctions parfois disproportionnées et sans fondement légal puisque notre profession est toujours en attente d’un statut.
Rajoutez à cela, l’incapacité de RAM à respecter les accords remontant à 1999 et qui portent sur les reliquats de congés, l’intégration de pilotes stagiaires en attente depuis 12 ans, la programmation des pilotes, les contrats d’assurance et vous avez la « chronique d’une grève annoncée ».
Quel regard portez-vous sur la gestion de cette crise par RAM?
Depuis le début de cette crise, la direction de la RAM avait fait le choix du « tout répressif », allant de la distribution de mise à pied et avertissements jusqu’aux ponctions sur salaires. Mais lorsque l’on arrive au licenciement collectif de six pilotes de ligne dont deux commandants de bord cumulant plus de 27 ans d’expérience, trop c’est trop! Pourtant une réunion de dernière chance devait avoir lieu le mercredi 24 mai avec le directeur général adjoint . Elle a été annulée sans raisons à la dernière minute. Nous nous ne comprenons pas cette porte fermée.
Justement, quelles sont les vraies raisons, selon vous, de ces licenciements ?
Il s’agit d’une grossière et malheureuse tentative d’intimidation dans une escalade hasardeuse ayant envenimé la situation externe actuelle. Jugez en plutôt. Un commandant de bord n’ayant pas pu rejoindre l’aéroport de Casablanca le dimanche 2 mai, pour raison de tempête. Trois de ces collègues demandent à le remplacer en se mettant à disposition à l’aéroport Mohammed V. Ils se sont vus refuser cette option. La direction de la RAM a préféré annuler le vol AT 930 du 2 mai et de licencier tout simplement le commandant de bord.
Quel est le degré d’implication de l’autorité de tutelle dans tout cela ?
Le bureau de l’AMPL a saisi le ministre du Transport et de l’Equipement, ainsi que le Premier ministre et sollicité son intervention pour un dénouement rapide dans l’intérêt bien compris de la compagnie nationale et du pays. À la veille des grandes vacances d’été et le retour des MRE, toutes ces annulations de vols sont préjudiciables.
Certains observateurs avancent que les raisons de votre mouvement sont liées au lancement de la nouvelle filiale charter ?
Les pilotes ont appris par voie de presse le lancement de cette filiale charter. L’AMPL adhère entièrement aux choix stratégiques du gouvernement pour le transport aérien et le tourisme et est prête à accompagner le lancement de cette filiale une fois que les conditions administratives de la mutation des pilotes seront finalisées. Nous n’avons aucune revendication d’ordre salariale. Nous demandons que les engagements pris par la compagnie en 1999 soient tenus pour doter enfin le personnel d’un statut conforme aux standards internationaux et garantir les conditions de travail en toute sécurité pour le personnel mais surtout pour les passagers.

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