Khalil Hachimi Idrissi : «Nous demandons une reconnaissance de la liberté de la presse»

Khalil Hachimi Idrissi : «Nous demandons une reconnaissance de la liberté de la presse»


ALM : La FMEJ a rendez-vous aujourd’hui avec la CCRC. Quelles sont vos principales propositions ?
Khalil Hachimi Idrissi : D’abord, je me dois de vous dire que les professionnels du secteur de la presse sont très heureux de pouvoir contribuer, au même titre que les autres forces vives de la Nation, aux travaux de la Commission constitutionnelle en tant qu’organisation fédérale. Nous donnons souvent notre point de vue en tant que journalistes, c’est notre métier d’animer la vie publique. Mais là, c’est diffèrent, nous intervenons pour l’affirmation d’un certain nombre de principes et de valeurs en vue de leur reconnaissance et de leur inscription dans la Constitution. Au-delà de la liberté d’expression, nous demandons une reconnaissance de la liberté de la presse comme un élément central dans la vie démocratique. Nous souhaitions aussi que la Constitution consacre la protection du métier de journaliste en terme de droits mais, également, de devoirs. Le droit d’accès à l’information et le droit de sa publication devraient aussi être garantis par le texte fondamental du pays.

À la FMEJ, vous appelez à la création d’un Haut Conseil de la presse. Quelle sera la mission de cet organe ?
Nous souhaitons, effectivement, que la Constitution mentionne la création d’un Haut Conseil de la presse, indépendant, géré par les professionnels, qui organise l’accès au métier et sa pratique, qui veille au cadre institutionnel et au développement économique du secteur et qui installe, enfin, une culture déontologique telle qu’elle est universellement admise.

Quel est le rôle que doivent jouer les médias pour accompagner la réforme constitutionnelle ?
Je vous le répète. Nous distinguons aujourd’hui entre notre rôle d’animation de la démocratie et notre action en tant que secteur organisé. Sur le premier point, je crois sincèrement que la presse écrite marocaine — et je la félicite personnellement — a été, dans sa diversité et son pluralisme, à la hauteur dans la couverture des évènements du 20 février 2011 et à la hauteur du moment historique qu’a constitué le discours de SM le Roi du 9 mars 2011. Quand notre pays a bougé, la presse écrite, une avant-garde professionnelle et citoyenne responsable, était au rendez-vous. Très peu de pays dans notre région peuvent se prévaloir de la même réalité professionnelle. Sinon en tant que secteur organisé, et développant une réflexion unitaire et fédérale, nous allons remettre à la Commission du Professeur Mennouni un document qui décline notre vision de l’avenir de la profession.

Lors d’une récente réunion avec Khalid Naciri, vous avez dit que le chantier est ouvert autour du Code de la presse. De quelle manière le contexte actuel favorise-t-il l’instauration d’un texte organisant la profession ?
Le contexte favorise, en effet, positivement l’évolution des affaires institutionnelles de la presse : le nouveau contrat-programme, le Code de la presse et le Haut Conseil. Dans ce chantier, nous avons un partenaire qui est le ministère de la Communication avec lequel nous sommes tenus par deux principes de base : la modernisation, le développement et la mise à niveau de ce secteur, et notre attachement à l’intérêt général dans le cadre des impératifs de notre mission de service au public. Avec M. Khalid Naciri nous avons géré, pacifiquement, et d’une manière civilisée, la rareté, les malentendus et les crises. Il n’y a pas de raison que l’on ne gère pas, aujourd’hui, ensemble, dans la clarté, l’abondance des idées, l’ouverture et la volonté partagée de réforme.

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