Khelli Henna hausse le ton contre Abdelaziz

Khelli Henna hausse le ton contre Abdelaziz

La menace d’une famine dans les camps abritant en territoire algérien, à Tindouf, les populations sahraouies, n’est qu’une pure affabulation relayée par la presse algérienne et le «Croissant-rouge sahraoui», une des officines du Polisario. C’est le sens de la lettre que vient d’adresser Khelli Henna Ould Errachid, président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas), à Antonio Guterres et James Morris, respectivement Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR)  et directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM).
Pour le président du Corcas, le Polisario évoque l’éventualité d’une famine dans les camps de Tindouf pour continuer à bénéficier d’une aide humanitaire internationale qui ne profite guère aux populations sahraouies, mais finit dans les poches des dirigeants du Polisario. M. Ould Errachid dévoile, dans sa lettre, des vérités connues de tout le monde et corroborées notamment par les ex-responsables du Polisario qui ont regagné le Maroc ; à savoir que l’aide destinée en principe aux populations sahraouies finit par être écoulée sur les marchés mauritaniens, algériens et même sur ceux de Tindouf.
La lettre adressée aux responsables des deux organismes onusiens rappelle d’ailleurs que les aides destinées aux camps des séquestrés de Tindouf n’obéissent pas aux normes en vigueur dans tous les pays du monde que ce soit en matière de supervision des stocks, des opérations de distribution et des contrôles nécessaires dans ces cas de figure. Ce sont d’ailleurs les mêmes observations qui avaient été soulevées dans des rapports du PAM et du HCR, étant entendu que ce dernier organisme peine toujours à amener les autorités d’Alger et le Polisario à accepter un recensement exact et fidèle des populations concernées. Le Polisario s’en tient au nombre de 150.000 personnes au moment où même le PAM a fini par retenir celui de 90.000 comme cible de ses opérations.
Khelli Henna Ould Errachid appelle d’ailleurs à ce que le Polisario n’intervienne pas dans les opérations à caractère humanitaire et que ces dernières soient du ressort exclusif des organismes concernés. Dans la réalité, toutes ces opérations sont supervisées, dans des conditions totalement floues, par le Croissant-rouge algérien qui est relayé par le Croissant-rouge sahraoui une fois l’aide, ou ce qui en reste, arrivée dans les camps. «Pourquoi donc le Polisario crie-t-il famine alors qu’il s’apprête à organiser le 27 février à Tifarity des festivités grandioses et un défilé militaire fort coûteux, financés grâce à l’aide internationale et n’apportant rien aux populations des camps des retenus de Tindouf», s’interroge M. Ould Errachid dans sa lettre au PAM et au HCR. Le président du Corcas conclut en émettant le souhait de voir diligenter une enquête internationale sur le détournement des aides destinées aux populations de Tindouf.
L’organisation d’un tel défilé, à en croire l’ASM (Association le Sahara Marocain), nécessitera près de deux millions de dollars US. De «fastueuses cérémonies» auxquelles tient la direction du Polisario et qui suscitent d’acerbes critiques même au sein des séparatistes. Réagissant à l’organisation de ces festivités, «Khat Achahid» (Voie du Martyr), un mouvement réformateur au sein du Polisario, a appelé à annuler ces dernières pour en consacrer les onéreuses dépenses au profit des populations concernées.

L’autonomie au conseil de gouvernement

Le projet d’autonomie pour les régions du Sahara était au cœur des travaux du Conseil de gouvernement du jeudi 1er février 2007. Le Premier ministre a informé les membres du gouvernement, sur directives royales, des étapes d’élaboration de l’offre marocaine. Driss Jettou a déclaré que le pré-projet retient trois grands facteurs. Il s’agit d’abord des constantes et valeurs sacrées de la Nation (Souveraineté, intégrité territoriale et intérêts suprêmes de la Nation), mais aussi de la prise en considération des spécificités sociales et culturelles de la région et, enfin, l’observance des normes universelles en matière d’autonomie.
L’exposé du Premier ministre, qui a salué l’approche participative voulue et encouragée par le Souverain, a été suivi par une intervention de Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, qui a exposé les grandes lignes du pré-projet marocain et notamment en ce qui concerne les attributions qui reviendront à une entité régionale au Sahara. Taïeb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, a axé son exposé sur les efforts qui seront menés, au niveau international, pour sensibiliser à la solution proposée par le Maroc. Il a annoncé que, sur directives royales, des concertations seront menées, au niveau mondial, autour du projet marocain et du processus onusien nécessaire à sa concrétisation. Les 29 et 30 janvier 2007, le Cabinet royal a abrité des réunions avec le Premier ministre, les deux présidents des Chambres parlementaires ainsi qu’avec le président du Corcas autour du même projet. Au niveau de ce dernier Conseil, Khelli Henna Ould Errachid tient, ce samedi, une importante réunion avec ses six adjoints. Le Maroc accélère ainsi, et à tous les niveaux, la cadence des concertations, pour réussir un processus qui bénéficie déjà de l’adhésion de plusieurs pays. Le projet atterrira à l’ONU en avril prochain. 

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