« La campagne coûte très cher »

« La campagne électorale coûte très cher ». Cette affirmation est répétée par tous les candidats aux élections législatives. « Pour faire une campagne électorale à même de faire parvenir le message du candidat à la majorité des électeurs, il ne faut pas résigner sur les moyens », avoue le responsable de campagne électorale d’un candidat.
Les dépenses électorales « légales » sont de deux genres. Il y a les salaires des personnes qui travaillent dans l’équipe du candidat, et les dépenses en moyens de propagande électorale. Ainsi, chaque candidat se fait entourer, lors de la campagne électorale, d’une équipe de personnes qui l’aident dans la gestion de celle-ci. Ces personnes ont des statuts différents et vont du proche collaborateur ayant la confiance du candidat au simple garde du corps chargé de sa sécurité.
Généralement, leur nombre varie entre une dizaine et une vingtaine.
Leurs « honoraires » dépendent de leur rang hiérarchique. Mais, les indemnités minimales perçues par un garde du corps, par exemple est de l’ordre de 200 DH par jour. Les proches collaborateurs, et même s’ils sont bien payés, gagnent plus dans les affaires qu’ils concluent au nom du candidat. « Par exemple, en privilégiant une société de location de voitures sur une autre, le directeur de campagne obtient une commission », dit notre confident. « En pleine campagne, les candidats sont très débordés et n’ont plus le temps de s’occuper de ces détails, et c’est en ce moment qu’il faut en profiter, car, une fois les élections terminées, on n’aura plus l’occasion de les revoir », précise-t-il. Ces petites commissions se traduisent en fait en des millions lorsqu’on tient compte de toutes les transactions que le directeur de campagne fait au nom du candidat. Outre les voitures de location, il s’agit de la location de locaux de campagne électorale, des contrats avec le traiteur pour l’organisation des « banquets de campagne », de l’impression des tracts et des affiches, des salaires de tous les collaborateurs et les colleurs d’affiches, ainsi que des sommes versées à des « personnes-clefs » de la circonscription, qui se chargent, à leur tour, d’organiser des festins en faveur du candidat.
Tout cet argent est généralement géré par le responsable de la campagne qui se permet d’en faire une affaire commerciale.
S’agissant de la totalité du budget nécessaire pour une campagne électorale, notre source affirme que « le montant global d’une campagne électorale d’une circonscription moyenne, en chiffre rond, est de l’ordre d’un million de DH ».

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