La cellule «Fath Al Andalus» visait des intérêts espagnols

La cellule «Fath Al Andalus» visait des intérêts espagnols

Une remarquable coopération entre les services marocains et leurs homologues espagnols a permis de mettre hors d’état de nuire une dangereuse cellule terroriste dénommée «Fath Al-Andalus» (Reconquête de l’Andalousie). «La dénomination Fath Al-Andalus  donne de bonnes raisons de croire que cette cellule projetait de perpétrer des attentats terroristes contre les intérêts espagnols au Maroc», présume Mohamed Darif, spécialiste des réseaux islamistes au Maroc, dans une déclaration à ALM. Le chercheur rappelle que, déjà en 2006, un réseau basé en Espagne et portant la même dénomination avait appelé dans un communiqué à «la reconquête de l’Andalousie musulmane», suscitant de fortes inquiétudes chez les autorités espagnoles. Les services de sécurité marocains, qui ont annoncé vendredi le démantèlement de la cellule «Fath Al-Andalus», ont affirmé que cette cellule avait «tissé des liens opérationnels avec des extrémistes étrangers inféodés à l’organisation Al Qaïda», sans toutefois préciser l’origine des «extrémistes étrangers». Pour rappel, le terroriste Ayman Al-Zawahiri, bras droit d’Oussama Ben Laden, avait appelé dans un discours diffusé sur Internet les «fidèles» d’Al Qaïda, notamment ceux établis au Maghreb, et dans le sud de l’Europe, à déclarer le Jihad pour «reconquérir l’Andalousie musulmane». «C’est ce qui explique l’action des services espagnols depuis cette date jusqu’à l’annonce du démantèlement au Maroc de la cellule Fath Al-Andalus», observe Mohamed Darif, qui n’exclut pas l’hypothèse que cette cellule dont les 15 membres ont été arrêtés au Maroc «projetait de perpétrer des attentats terroristes contre les villes marocaines occupées de Sebta et Mellilia».
Maintenant, surgit la question sur le choix de Laâyoune comme quartier général de la cellule incriminée. Pour étrange que puisse paraître ce choix, il n’en demeure pas moins qu’il a été bien étudié. Un observateur évoque, entre autres thèses, «la facilité d’accès aux îles Canaries», «la proximité de la Mauritanie», et «la porosité des frontières algériennes», notamment le sud-ouest algérien livré en pâture à toutes sortes de marchandages, plus particulièrement le trafic d’armes. Et puis, il y a le climat de liberté dont jouissent les provinces du Sud, surtout Laâyoune, qui sont restés généralement à l’abri des menaces terroristes. En 2007, un seul groupuscule terroriste venait donner l’alerte. Il s’agit du dénommé «Ansar Al-Islam fi Assahra oua bilad al-moulattamin». Mais là encore, ce groupuscule, qui prit racine dans le Sahara, ne visait pas tant les provinces sahariennes que l’Espagne, sachant bien que ce même groupuscule avait pour objectif déclaré «la reconquête de l’Andalousie».
Reste l’identité des 15 personnes appartenant à la cellule «Fath Al-Andalus». «Depuis les événements terroristes du 11 septembre, l’organisation Al Qaïda table sur des personnes superbement inconnues pour mettre à exécution ses attentats», explique un analyste. «Il n’est donc pas étonnant de constater que les 15 personnes qui constituent le noyau dur de la cellule «Fath Al-Andalus» sont dans leur majorité des gens inconnus», affirme notre source. Et d’ajouter : «Il est également prudent de la part de l’organisation Al Qaïda de recruter des agents dont le dossier judiciaire est vierge». Parmi les 15 personnes arrêtées, figurent Ajmal Rachid (couturier, 29 ans), les frères Ben Amara Abdelmoula (marchand, 23 ans), Ben Amara Ismaïl (commerçant, 26 ans), et Abdelaziz Haram (ancien soldat, 1983).

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