La classe du PPS

Le PPS est une des révélations de ces élections communales. Les scores qu’il a réussi à réaliser le prouvent. Le nombre de voix récoltées par les candidats du parti d’Ismail Alaoui atteignent presque les 378.000 voix, ce qui lui a donné droit à 1.207 sièges dans les différentes communes. Le PPS a réussi à se hisser au rang des principaux partis politiques du pays. Cette montée fulgurante n’est pas du tout fortuite. C’est le résultat d’une stratégie longuement réfléchie et excellemment bien exécutée. Dans le domaine de la communication, le PPS a été l’un des premiers à solliciter les services d’une agence spécialisée. Lors de la campagne électorale, des mini-messages appelant les électeurs à voter pour le PPS étaient envoyés à plusieurs abonnés du GSM. Dans le domaine organisationnel, le PPS est de loin celui qui a réussi le mieux à dégager les principaux axes de son projet de société et à le présenter aux citoyens de manière la plus digeste possible. Sans rentrer dans les détails de ce projet de société, il s’est avéré que l’électorat du PPS gonfle de plus en plus. Les idées socialistes du parti ont eu un écho certain auprès d’une grande partie des citoyens. Ce n’est pas faute de partis de Gauche. Mais ceux qui ont voté pour le PPS ont incontestablement senti que ce parti avait « quelque chose en plus ». Ce plus est incarné par les militants de ce parti et à leur tête leur secrétaire général. Cet homme respecté de tous jouit d’une notoriété politique incontestable. Sa modestie et son ouverture (à titre d’exemple, il accepte mieux qu’aucun autre responsable politique les critiques d’autrui) font de lui un homme imperturbable. Le culte du Zaïm est inexistant au PPS. On le respecte, mais on ne le craint pas. Mieux. Toute théorie politique proférée par le PPS est d’abord « testée » par Ismail Alaoui. Un exemple édifiant, dans le programme politique du PPS, l’encouragement de l’enseignement de la langue amazigh dans les établissements publics occupe une place de choix. Ce n’est pas un slogan pour la consommation électoraliste: Ismail Alaoui suit des cours d’amazigh depuis plusieurs mois. Il prouve par l’acte (et non pas par la parole) que la question berbère ne peut en aucun cas être une raison de fracture maroco-marocaine. Au contraire, elle permet à une partie de la population de s’ouvrir sur une autre. Les exemples de ce type ne manquent pas. Un parti dont le leader n’est pas un adepte de l’adage « fait ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais », est appelé inéluctablement à grandir. Les résultats du PPS dans les élections communales du 12 septembre sont le début d’un avenir glorieux. Pourvu que ça soit contagieux.

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