La classe politique courtise le PJD

La classe politique courtise le PJD

Le RNI (Rassemblement national des indépendants) étudie l’éventualité d’une alliance avec le PJD (Parti de la justice et du développement). Depuis plusieurs semaines, de multiples réunions sont tenues pour examiner la «piste PJD» et une source du RNI affirme qu’une bonne partie des députés et des conseillers sont « partants».
Contacté par ALM, Ahmed Osman, président du RNI, n’a pas démenti l’existence d’une telle éventualité d’alliance. « La question est discutée par les groupes parlementaires et il y a effectivement une tendance qui penche vers une telle alliance », affirme M. Osman qui ajoute qu’ « il faut des coalitions et des pôles comme l’avait demandé Sa Majesté le Roi ».
A en croire son leader, le RNI tranchera cette question lors d’une réunion de son comité central ou son Bureau exécutif. Voire lors du congrès national du parti prévu pour septembre 2006. « Nous entretenons d’excellents rapports avec tout le monde», affirme M. Osman qui insiste sur la nécessité de pôles « surtout lorsqu’il s’agira de la constitution du gouvernement ». « L’Istqlal et l’USFP sont orientés vers d’autres choix et nous n’avons pas été contactés », répond le chef du RNI quand il est appelé à s’expliquer sur la primauté des alliances avec la Koutla, partenaire depuis longtemps et principale ossature du gouvernement (avec le RNI). Pour Ahmed Osman, qui affirme que son parti avait émis l’idée d’impliquer le PJD lors de la constitution du gouvernement Jettou, une telle décision (alliance avec le PJD) fera partie des « décisions historiques », non seulement au Maroc, mais aussi dans la région et dans le monde arabe.
Lahcen Daoudi, leader PJD confirme également le projet de rapprochement avec le RNI affirmant qu’il se fait au niveau des états-majors des deux formations (voir notre entretien en page 6).
Il y a quelques semaines, le PJD avait passé un accord de coopération avec Forces citoyennes de Abderrahim Lahjouji, un petit parti sans grande influence sur l’échiquier politique marocain. Mais qui semble arranger le « monstre appétit » des islamistes pour ratisser encore plus large.
Il aura même été question, une telle éventualité n’étant pas encore écartée, d’un rapprochement entre l’USFP et le PJD. Mohamed Elyazghi, interrogé en juillet dernier par ALM, a nié l’existence de contacts avec les islamistes et écarté l’éventualité d’une collaboration entre les deux formations.
M. Elyazghi parle plutôt d’alliance dans le cadre d’un front moderniste. Les développements de ces dernières semaines remettent sur le tapis les possibles scénarii d’un rapprochement entre les héritiers de Abderrahim Bouabid et Ben Barka et les successeurs de Abdelkrim El Khatib. Lors de son passage à l’émission « Hiwar », Abdelouahed Radi, numéro 2 de l’USFP, a affirmé qu’en politique « rien n’était impossible » en réponse à une question sur les relations entre les socialistes et les islamistes. Le PJD a été la seule formation politique à se déclarer solidaire, force communiqués à l’appui, de l’USFP, sa hiérarchie et sa presse après de récentes menaces terroristes.
Au début de cette semaine, note un usfpéiste, c’est un membre du Bureau politique de l’USFP qui était « envoyé en éclaireur».
Mohamed Lemrini, l’un des architectes de l’absorption du PSD par l’USFP, s’est exprimé sur une pleine page de « Attajdid» (n° du lundi 19 décembre 2005) pour dire tout le bien qu’il pense du PJD. Et surtout remettre au goût du jour la théorie de l’alliance historique (USFP, Istiqlal et courants à référentiel islamique) chère à Mohamed Abed El Jabri. « J’attire l’attention sur l’expérience turque (…). Cette expérience est très importante et, au Maroc, nous devons l’examiner et en profiter », affirme Mohamed Lemrini sur « Attajdid». Cet entretien n’est pas passé sans susciter une polémique au sein des instances de l’USFP surtout vu le timing de la sortie. Pour un usfpéiste, Lemrini n’aurait pu agir sans le feu vert de la hiérarchie du parti et notamment Driss Lachgar qualifié par plusieurs socialistes de «parrain» de l’ex-PSD.
Aujourd’hui, c’est le RNI qui vient élargir l’éventail des alliés du PJD en attendant les surprises qui précéderont le passage aux urnes. Et à défaut, celles du lendemain des élections de 2007. L’enjeu est de taille.

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