La couverture médicale désormais assurée pour 8 millions de Marocains

La couverture médicale désormais assurée pour 8 millions de Marocains

Après une expérience pilote dans la région de Tadla-Azilal, l’assurance maladie pour les classes défavorisées sera étendue à toutes les régions du pays. Ce Régime devrait bénéficier à 8,5 millions de personnes à travers le Royaume. En l’absence d’une instance qui gère le Régime, c’est un comité interministériel composé des ministères de la santé, des finances et de l’intérieur, qui a préparé sa généralisation et devra assurer son suivi. Concrètement, les demandeurs doivent retirer et remplir des formulaires disponibles dans les cercles ou arrondissements relevant de leurs domiciles. Le document qui est également téléchargeable sur le Web (ramed.ma) est une sorte de déclaration sur l’honneur qui comprend des détails sur les revenus et le niveau de vie de chaque candidat. «Le traitement des dossiers est complètement informatisé. Le système octroie un score à chaque candidat selon des critères bien définis. C’est à ce moment-là qu’intervient une commission locale laquelle va comparer le score obtenu avec les données réelles sur chaque personne puisque les représentants de l’autorité locale sont en contact direct avec les bénéficiaires», explique une responsable du ministère de la santé. Ce système informatisé a été mis en place pour maîtriser la durée du traitement des dossiers mais également réduire l’intervention de l’élément humain pour des raisons de transparence et de bonne gouvernance. Les responsables comptent cette fois séduire un maximum de personnes même si l’objectif de 460.000 bénéficiaires au cours de l’expérience pilote n’a pas été atteint. «Le but de l’expérience pilote était de tester tous les paramètres pour réussir la généralisation du Régime. Si l’objectif initial n’a pas été atteint, c’est pour des raisons liées à la mentalité de nos concitoyens qui ne cherchent à bénéficier du Régime qu’une fois tombés malades», affirme Rahal El Mekkaoui, secrétaire général du ministère de la santé, et d’ajouter : «Nous allons combler cette lacune par le lancement d’une campagne de communication pour la sensibilisation des citoyens à l’importance d’entamer la démarche préalablement». La campagne de sensibilisation devra également mettre en avant les avantages du Régime. «Le Ramed compte plusieurs avantages par rapport au certificat d’indigence. La carte du Régime a une validité de trois ans alors que le certificat d’indigence a une péremption de 3 mois. La carte offre tout un panier de soins au moment où le certificat est utilisé pour quelques offres médicales», souligne Lhoussaine Louardi, ministre de la santé. Le Ramed est bien évidemment un système solidaire qui cible les personnes vivant dans un état de pauvreté absolue ou de vulnérabilité. Dans un premier temps, les pouvoirs publics assureront une part importante du financement. En effet, le gouvernement a prévu une enveloppe budgétaire estimée à 2,7 milliards DH au titre de l’année en cours. L’Etat contribuera à hauteur de 75% alors que les bénéficiaires apporteront 19% à travers une cotisation de 120 dirhams par personne sans pour autant dépasser un plafond de 600 DH pour tous les membres d’une même famille. Enfin, les 6% restants proviendront de la participation des collectivités locales à raison de 40 DH pour chaque bénéficiaire pauvre. Cependant, ce montage financier est provisoire et pourrait changer dans le futur. «Nous allons travailler dans l’avenir à chercher de nouveaux modes de financement», a fait savoir le ministre au cours de la conférence du lancement du Régime. Sur le plan des ressources humaines, le ministère compte associer également les médecins du secteur privé dans le cadre d’un partenariat public-privé. Un projet de décret est dans le pipe.

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