La forte présence des dirigeants socialistes marque l’ouverture du sixième congrès du PJD

La forte présence des dirigeants socialistes marque l’ouverture du sixième congrès du PJD

«Le PJD n’est pas isolé». Aziz Rebbah, secrétaire général de la jeunesse PJD, est sur un nuage. Autant que la majorité des dirigeants du parti islamiste heureux à l’idée que le 6ème congrès de leur parti ait rassemblé tous les représentants des partis nationaux, y compris leur ancien farouche opposant l’USFP, sans compter la présence significative de formations politiques d’Europe, de Turquie, d’Afrique et des pays arabes. Ce gotha de l’univers de la politique, combiné à celui des affaires, de la société civile, a répondu présent à la grand-messe du PJD, placée sous le signe de «La démocratisation de la vie politique au Maroc». Le SG sortant du PJD, Saâd Eddine El Othmani, qui s’est fait remarquer en compagnie de l’ancien Premier ministre Driss Jettou, à quelques minutes de l’ouverture du congrès, à 16 heures, s’est félicité dans son allocution d’ouverture de cette présence, qui aurait démontré que le parti islamiste, qui vient à peine de se relever de la secousse du scrutin du 7 septembre 2007, continue d’intéresser la classe politique, toutes tendances confondues. Plus encore, ce parti dont les positions ont souvent suscité la controverse, veut s’ériger aujourd’hui en «alternative à la problématique de l’abstention et de la désaffection publique à l’égard de la politique». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a choisi comme thème à son 6ème congrès « Pas de vie politique sans crédibilité ». Il faut y voir le sens et l’essence même de la bataille politique qu’il s’est tracée pour les quatre années à venir. Une bataille qui sera menée par le futur secrétaire général du parti. Deux candidats ont été donnés largement favoris pour ce poste, en l’occurrence le SG sortant Saâd Eddine El Othmani et le président du Conseil national Abdelilah Benkirane. Mais les pronostics recueillis par ALM auprès des membres du Conseil national, appelés à trancher en faveur de l’un des candidats, étaient pour la reconduite de M. El Othmani à la tête du parti. C’est à ce dernier que reviendrait la rude tâche de la démocratisation interne du parti. Cette thèse faisait hier l’objet d’un débat houleux chez les 1628 congressistes, qui étaient rassemblés depuis samedi au complexe sportif Moulay Abdellah. 
«Dans ce congrès, nous ne mettons pas en cause le référentiel de notre parti. Les congressistes veulent que l’action politique des prochaines années soit orientée vers la consolidation de la démocratie», a affirmé le SG de la jeunesse du PJD Aziz Rabbah, qui ajoute que «cette thèse trouve son explication dans les circonstances actuelles du pays et les attentes de la population, aussi celles de nos militants». «L’objectif d’une telle démarche est de donner aux institutions internes du PJD, la possibilité de contrôler la direction du parti pour mieux décider sur le plan politique», a-t-il précisé.
Reste à savoir comment le PJD donnera un contenu à son ambition. Plusieurs réformes politiques et constitutionnelles sont à l’ordre du jour. Les points retenus concernent la transparence des élections, une réforme de la loi électorale, le renforcement du pouvoir et de l’indépendance de la Justice, le contrôle de la gestion publique nationale et locale, le renforcement des attributions des instances élues (Parlement, conseils communaux, conseils des arrondissements, etc). Toutes ces réformes visent, selon les dirigeants du PJD, à avoir plus de contrôle sur l’exécutif. Sur ce point précis,  le parti appelle à donner plus de pouvoir au Premier ministre.
En réponse à une question portant sur la participation de plusieurs délégations représentant des partis de pays étrangers, M. Rabbah a déclaré que cette présence a été d’autant plus massive que significative. Selon la même source, cette présence est bénéfique pour le Maroc, qui a besoin de la diplomatie parallèle, et pour le parti, dans la mesure où elle constitue une occasion pour montrer qu’il mène une politique ouverte à tous les partis politiques, à l’échelle nationale et internationale. «Il ne faut pas oublier que les partis invités sont aujourd’hui ou ils seront demain au pouvoir. Le parti a besoin d’entretenir ce genre de relations», a-t-il renchéri. 

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