«La fuite d’un pré-rapport du Parlement européen est condamnable»

«La fuite d’un pré-rapport du Parlement européen est condamnable»

Une manipulation inqualifiable. Et c’est le Parlement européen, réputé être un sacerdoce de la transparence, qui vient d’en payer les frais. Les auteurs de cette manipulation ne sont autres que des Eurodéputés inféodés à la thèse du Polisario. Tout a commencé vendredi 13 mars 2009, quand le quotidien espagnol «El Pais» a mis en ligne un projet de rapport sur les droits de l’Homme au Sahara, fruit d’une visite d’investigation effectuée les 26 et 27 janvier 2009 à Laâyoune par une délégation parlementaire européenne. Etrangement, la divulgation de ce pré-rapport, tendancieux de surcroît à l’égard du Maroc, est survenue trois jours avant la date fixée pour sa discussion, la correction des impairs (et ils sont nombreux) qu’il contient, et la clarification de certaines positions jugées assez politisées, ce qui ne relevait pas du ressort de la délégation en question. Ce travail de recadrage était prévu mardi 17 mars 2009, dernière ligne droite avant son adoption définitive par le Parlement européen. Or, certains membres de la délégation ayant fait le déplacement à Laâyoune se sont empressés de rendre public le projet de rapport, dans l’objectif (évident) de faire chanter les autres membres de la délégation. Les auteurs de cette fuite ont cru bon divulguer le projet de rapport, leur but non déclaré étant d’amener leurs collègues à s’abstenir de rectifier le tir. Car, faut-il en douter, le projet de rapport a été orchestré de manière à «diaboliser» la situation des droits de l’Homme au Sahara marocain. Les accusations colportées rappellent étrangement ce qui s’était passé au Maroc lors des tristement célèbres années de plomb. Des observateurs y relèvent les termes d’une propagande flagrante au profit du front Polisario, au point de dire que le projet de rapport a été une commande non du Parlement européen mais bien de la direction du Polisario. Ici, on épingle de faux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire ; là, on fustige de pseudo-bavures policières ; ailleurs, on incrimine la loi d’un pays souverain. Et ce n’est pas tout … Le contenu du projet de rapport, au-delà de son parti pris flagrant au profit du Polisario, a péché par une dérive claire de la part de la délégation en question par rapport à sa mission initiale. Dans ce projet de rapport, la délégation appelle l’Union européenne à intervenir auprès des Nations unies pour élargir le rôle de la Minurso au contrôle des droits de l’Homme au Sahara marocain. «C’est la goutte qui a fait déborder le vase. D’abord, l’honorable délégation n’a pas à formuler des recommandations, mais établir un constat ni plus ni moins sur la situation au Sahara. Mais de là à interpeller l’ONU sur une question d’ordre strictement politique, c’est le comble», s’indigne Mohamed Talib, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes.
Maintenant, cela étant, qui a été à l’origine de la fuite du projet de rapport ? La lettre de protestation adressée fin janvier par des ONG sahraouies au Parlement européen contient un début de réponse à cette question. Dans cette lettre, portant la signature de l’Association sahraouie de défense des droits de l’Homme (Assadeh), l’Association des portés disparus au Polisario (APDP), entre autres ONG sahraouies unionistes, l’on trouve une vive indignation quant aux agissements d’un membre espagnol dans la délégation parlementaire européenne lors de son séjour à Laâyoune. Il s’agit du député socialiste nommé Carnero Gonzales. Un partisan inconditionnel et très intéressé de la thèse séparatiste. Les ONG sahraouies se demandaient pourquoi elles ont été écartées, à dessein, des séances d’audition organisées par la délégation européenne. L’enquête, décidée par le Parlement européen sur cette affaire, promet de livrer d’autres surprises.


Carlos Carnero Gonzalez, un Eurodéputé sympathisant du Polisario


Carlos Carnero Gonzalez, membre du groupe socialiste au Parlement européen et membre de la délégation européenne ayant visité récemment Laâyoune dans le cadre d’une visite de prospection, avait suscité la colère de la société civile sahraouie. Le député européen a fait preuve d’un alignement flagrant et d’un parti pris pour la cause séparatiste du Polisario. M. Carnero Gonzalez, dont la mission devait respecter les règles de l’impartialité et l’objectivité, a multiplié les provocations dès son arrivée à Laâyoune.
Un collectif d’ONGs sahraouis a dénoncé les agissements de ce pro-séparatiste. Il s’agit, entre autres, de l’APDP (Association des portés disparus au Polisario), l’Association sahraouie de défense des droits de l’Homme (ASSADEH). «La première provocation date de l’heure d’arrivée à l’aéroport de Laâyoune, quand le député concerné a décidé de boycotter, sous prétexte d’impartialité, la voiture qui devait conduire la délégation des Eurodéputés au centre-ville», a expliqué un acteur associatif.

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