La galaxie populaire : Combien de divisions ?

La symbolique est de taille. Autour de la même table, il y avait Abdelkrim El Khatib, un des signataires, le 23 septembre 1958, de la demande d’enterrement d’Abbas M’Saâdi, mort dans des conditions non encore élucidées. En même temps, il y avait Mahjoubi Aherdane, l’homme qui incarne toute la tradition de la famille «populaire», et Mohand Laenser.
Dans un communiqué commun publié à l’issue d’une réunion conjointe,tenue dimanche à Salé, le Mouvement national populaire ( MNP) et le Mouvement populaire (MP) ont convenu de renforcer leur action commune dans la perspective de «la réunification des différentes composantes de la mouvance populaire qui est un choix stratégique, dont les deux partis s’engagent à réaliser les conditions dans les meilleurs délais». Les deux formations ont souligné que «l’action commune, solidaire et convergente est à même de donner à leur grande famille politique le poids et la force qu’elle représente et d’en faire un pôle politique efficace, significatif, capable d’orienter les grands choix de notre pays et d’avoir un rôle influent sur la scène politique nationale».
Ainsi, après plusieurs années de querelles et de divorces, voilà deux des grands membres de la famille populaire qui se rencontrent à nouveau. Pourtant, un simple regard sur le passé nous permet de déduire qu’une telle initiative n’a pas été une simple partie de plaisir.
Créé en 1958, le Mouvement populaire allait connaître sa première scission en 1967. Le 30 janvier de cette année, Abdelkrim El Khatib créa le Mouvement constitutionnel et démocratique.
En 1985, Mahjoubi Aherdane va être éjecté de son «mouvement» et remplacé par Mohand Laenser. En 1991, après une traversée du désert, Aherdane sort de son hibernation pour créer son propre parti, le Mouvement national populaire. Mais cinq années plus tard, soit en 1996, un nouveau parti va sortir du giron de cette dernière formation. Mahmoud Archane constitue le Mouvement démocratique et social (MDS).
Cinq années encore plus tard, c’est-à-dire en 2001, un autre dirigeant, Bouazza Ikken, va créer son propre parti, l’Union démocratique, consacrant par la même occasion l’instabilité qui caractérise l’action partisane chez Mahjoubi Aherdane.
Il a fallu donc attendre le 7 juillet 2002 pour voir s’arrêter ce processus scissipare.
Dans le communiqué précité, les deux formations ont convenu de «coopérer et de mettre en oeuvre les mécanismes de synergie, de coordination et de complémentarité en vue de renforcer leurs positions et de faire émerger un pôle politique fort au sein duquel toutes les composantes de la mouvance populaire trouveront leur place». Mais en ce qui concerne le chemin à parcourir, notamment au vu de la nature de la coalition entre les deux parties, la réponse reste ambiguë, comme le confirme le communiqué lorsqu’il dit qu’il ne «ne saurait exclure les engagements et les alliances conclus antérieurement par chaque parti et ne saurait limiter l’indépendance et la liberté de décision de chacun des deux partis».
Faut-il donc comprendre par là que c’est Aherdane qui rejoint Laenser, en vue de constituer un bloc pour les prochaines élections et ce, surtout que les deux hommes sont hostiles au mode de scrutin de liste ?

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