La gronde des « mini »

"Un détournement des acquis démocratiques"
"Nous considérons que ces projets de lois sont un véritable hold-up destiné à détourner les acquis démocratiques arrachés grâce à la lutte du peuple marocain et des forces démocratiques du pays. Nous estimons aussi qu’ils sont anticonstitutionnels et notamment pour ce qui est des conditions, insurmontables, de participation aux élections. Ces dernières sont ouvertes, partout, à tout le monde sauf au Maroc où certains veulent transformer plusieurs partis en une sorte d’associations loin de l’objectif d’encadrement des citoyens. Certains profitent de leurs positions au gouvernement pour essayer de s’y éterniser et de manière à empêcher tout autre nouveau parti à prendre part au jeu politique. Nous sommes pour la pluralité, la participation, mais dans le cadre d’une concurrence loyale et transparente".

"Le Parlement pourrait rectifier le tir"
"Je pense que les choses se passent plutôt bien jusque-là. Pour le reste, et peut-être pour mettre tout le monde d’accord, le Parlement est le cadre idoine pour discuter de tous les détails et exprimer toutes les tendances. Cela permettra aussi, le cas échéant, de rectifier beaucoup de choses. Nous avons, au RNI, proposé un seuil de représentativité de 5 %, mais nous avons fini par nous aligner sur la proposition de la majorité, 7 %. Je le redis encore : la décision appartient au Parlement avant tout. Je pense aussi que le ministère de l’Intérieur doit poursuivre la concertation avec les petits partis pour que ces derniers ne se sentent pas exclus et marginalisés".

"C’est une loi scélérate"
"On a déjà tenu un meeting avec l’opposition de gauche et un congrès régional à Casablanca pour annoncer notre position par rapport au prochain processus électoral. Le PADS n’a jamais été contre les élections qui font partie intégrante de la démocratie, mais les élections, en elles-mêmes, ne sont pas la démocratie. Loin s’en faut. Nous considérons que cette loi est une loi scélérate, anticonstitutionnelle et antidémocratique. Elle prive une grande partie, voire la majorité de la population et de ses forces vives de prendre part aux élections et à la vie publique du pays. Une telle loi nous oblige à quémander des signatures auprès d’élus issus d’élections que nous avons contestées. Si elle n’est pas rejetée, nous aviserons au moment voulu quant à notre participation au scrutin de 2007".

"La majorité veut garder le monopole"
"Ce projet de loi électorale vise à éliminer des composantes qui pourront éventuellement jouer un rôle très important dans l’encadrement politique des citoyens. Notre souci majeur, actuellement, en tant qu’acteur politique, c’est le vide et le déficit de cet encadrement sur le terrain et qui est, malheureusement, exploité par des tendances conservatrices. Il est absurde de dire aujourd’hui qu’il y a trop de partis, car le fondement de la démocratie est que le choix final doit revenir aux citoyens par la voie des urnes. Ceux qui ont élaboré cette loi auraient dû opter pour le mode de scrutin à deux tours qui permet un vrai clivage politique, projet contre projet. Ces gens-là ont peur de la société et veulent garder le monopole. Pour notre part, nous ne reculerons face à rien et nous lançons une campagne de collecte de 1 million de signatures d’ici la rentrée politique avec une grande marche à Rabat".

"Gare aux Escobars !"
"On est contre la balkanisation et pour un seuil de représentativité de 7 % à l’échelle nationale et contre l’exclusion des partis n’ayant pas eu 3 % des voix en 2002. Ces derniers, obligés de recueillir 1.000 signatures par candidat, risquent de présenter des Escobars aux dépens de cadres compétents et honnêtes. En plus, ces partis doivent se faire entendre et ils n’ont que les élections législatives pour le faire. Il ne faut comprendre par ces propos qu’on défend ces petits partis. On défend plutôt des principes que ce soit pour les partis de droite ou de gauche. Pour résumer, je dirai que la majorité gouvernementale devra assumer la responsabilité de ses choix devant les citoyens marocains. Cette majorité, d’après ce que nous avons remarqué tout au long de deux mois, ne veut pas céder la place. Elle semble vouloir dire "J’y suis, j’y reste !".

"choisir la voie de la maturité politique"
"Le report de la discussion des lois électorales au conseil des ministres signifie que les choses ne sont pas encore mûres. Le débat va se poursuivre certainement. Le PPS, pour sa part, a dit son point de vue au sein de la commission constituée au niveau du ministère de l’Intérieur. Pour nous, la lutte contre la balkanisation du champ politique ne peut pas passer par des textes de loi ou des textes réglementaires. Elle peut se faire par le biais du débat, de la discussion et surtout par l’établissement d’un programme commun entre les organisations politiques qui se sentent proches les unes des autres. Si on s’écarte encore davantage de cette voie de la maturité politique et de la sagesse tout court, on pourrait finir par rebuter des organisations politiques qui ne se sont pas intégrées dans les institutions en général et qui ont un plus à apporter au champ politique national". 

"Nous soumettrons nos amendements au Parlement"
“Nous sommes contre le seuil de 7 % proposé par la majorité gouvernementale parce qu’il va éliminer tous les partis moyens et ne favoriser que trois ou quatre grandes formations.
Lors des dernières législatives, je vous rappelle que 5 % des électeurs avaient voté pour nous. Nous espérons qu’après quatre années de travail acharné, notre parti réalisera des scores situés entre 9 et 10 %.
En ce qui concerne les listes nationales, nous souhaiterions qu’elles puissent amener 50 femmes au Parlement au lieu de trente comme ce fut le cas lors du dernier scrutin législatif.
Nous allons donc soumettre des amendements à propos de ces deux questions lorsque le projet de loi électorale sera discuté devant le Parlement.

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