La justice autrement

Lors de l’émission « Filwajiha » diffusée sur la deuxième chaîne nationale la soirée de mercredi dernier, l’invité était Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice. D’après les déclarations de ce dernier, le procès relatif à l’affaire du CIH reprendra dans les jours qui viennent. Il y a maintenant plusieurs mois que l’affaire semblait oubliée pour ne pas dire classée, comme l’affaire de la Banque populaire et celle de la CNCA ou encore de la CNSS. Certes beaucoup de cadres appartenant aux boîtes sus-citées sont passés devant les juges et ont été incarcérés, mais en fin de compte tous ou presque ont fin par bénéficier de la liberté provisoire sous la pression de l’opinion publique et des campagnes médiatiques. A tel point que la décision fut qualifiée de politique, surtout que les pouvoirs publics et les autorités judiciaires ont exprimé ouvertement leur volonté de mener ces dossiers jusqu’au bout. Quelle que soit la stature des personnes impliquées de loin ou de près. C’est la Cour Spéciale de Justice (CSJ) qui est chargée de ces dossiers. Une juridiction d’exception. Or tout le monde dénonce aujourd’hui, dans un pays sérieusement engagé dans le processus démocratique, l’existence d’une telle instance. Y compris le ministre de la Justice qui a pris la décision de supprimer cette même Cour. Or tous les observateurs considèrent que le traitement de ce genre d’affaire devrait se faire autrement. Pour que ces procès soient équitables et plus crédibles au niveau de l’opinion publique nationale et internationale, il faudrait qu’ils passent devant les tribunaux ordinaires. Dans une période de crise économique aiguë que connaît notre pays et compte tenu de la conjoncture très sensible en ces temps, la jurisprudence veut que ces affaires soient traitées d’une manière plus judicieuse. Toujours dans le cadre judiciaire, les issues ne sont pas fermées. Autrement dit, les personnes accusées, quelles que soient les options que prendra cette affaire au terme du processus judiciaire engagé, peuvent s’en tirer en monnayant leur condamnation par le remboursement des montants qu’ils auraient détournés. Peu importerait que de soi-disant de grandes personnalités publiques, hier encore insoupçonnées, soient mises face à leurs actes jugés délictueux. L’important c’est que le remboursement permettrait de renflouer les caisses vidées des grandes boîtes en question. Par conséquent, le contribuable serait indéniablement bénéficiaire. Car au dessus de tout, c’est le concept de confiance (dans la loi, dans l’Etat) qui revêtirait sa vraie signification. Ce n’est pas trop tôt, mais il vaut mieux tard que jamais.

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