La justice condamne Lakhouaja

Le tribunal de commerce d’Agadir a rendu, en fin de matinée du mardi 6 juin, un jugement circonstancié et argumenté de 17 pages dans l’affaire de l’hôtel Palais des Roses. Un verdict accablant pour Azeddine Lakhouaja qui a abusé de la confiance de son ex-associé saoudien Cheikh Salah Kamel, président du groupe Dallah Al Baraka. En effet, les juges ont déclaré fictives les sociétés Hélios International & Resorts et Vital Center Maroc créées par M. Lakhouaja.
Du coup, c’est tout le système de défense de ce dernier qui s’écroule comme un château de cartes. L’intéressé, qui a longtemps manœuvré avec plus ou moins de succès, encourt de gros risques au pénal où il est poursuivit pour détournement de fonds.
En effet, le tribunal a conclu que Azeddine Lakhouaja a créé les deux sociétés en question, en fait de simples enseignes sans aucune existence légale, dans le but inavoué d’accaparer la gestion de l’hôtel, celle du centre de thalassothérapie attenant à l’établissement et, par conséquent, les recettes assez substantielles qui en découlent.
Le rapport d’expertise, élaboré par le syndic Houcine Dinar sur demande du tribunal, a réussi à démêler cet écheveau complexe et à révéler au grand jour, documents à l’appui, les multiples entourloupettes financières de M. Lakhouaja. Ainsi, il a été démontré que “Vital Center International ne justifie dans sa constitution au 31 décembre 2003 d’aucune participation dans Vital Center Maroc“. En fait, les  actions de cette société fictive, telle qu’elle a été montée, sont détenues seulement par Azeddine Lakhouaja et ses enfants ainsi qu’un associé du nom de Fisher. Du vent!
Les anomalies sont nombreuses. D’abord celle-ci: il a été constaté que Hélios International a reproduit la même raison sociale que la société Palais des Roses International (PRI), propriétaire de l’hôtel éponye. Du copier-coller. Seule différence, le rajout des termes : loyer et gestion dans le contrat “d’auto-location“. Ensuite, le rapport  du syndic a relevé certains “agissements non conformes“ dans la gestion de la relation contractuelle puisque la société Hélios a été dispensée de la caution bancaire alors que celle-ci est stipulée dans le contrat.
Quant à l’activité de Vital Center Maroc, le tribunal a conclu qu’elle ne peut venir qu’en complément des services de l’hôtel et non pas comme une prestation indépendante. Une thèse soutenue par M. Lakhouaja pour continuer à empocher les recettes générées par la thalassothérapie. Avec le jugement du tribunal, l’argent devra dorénavant aller dans les caisses de l’hôtel. Autre contradiction signalée, Hélios International a été inscrite dans le registre de commerce en date du 18 septembre 2003, soit quatre jours après la signature du contrat de location intervenue, elle, le 14 du même mois.
Le tribunal de commerce d’Agadir a confié au syndic la gestion intégrale de l’hôtel Palais des Roses. Objectif : la restructuration financière de l’entreprise et la préparation d’un rapport sur la situation générale de l’établissement. Le syndic a quatre mois pour proposer la solution convenable qui permettrait à l’hôtel de tourner la sombre page “Lakhouaja“.
Après un feuilleton judiciaire qui a duré trois longues années avec de multiples rebondissements, la justice a finalement saisi le fond du dossier, décidée à rétablir chacun dans ses droits.

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