La Justice mobilisée contre le terrorisme

Depuis le cauchemar les attentats du 11 septembre, le monde s’est réveillé sur la réalité d’une insécurité mondialisée avec l’existence de cellules dormantes du crime organisé dans tous les coins de la planète. Le terrorisme traverse facilement toutes les frontières comme s’il s’agissait d’un commerce licite dans une zone de libre-échange.
Le trafic des armes conventionnelles, bactériologiques et autres armes de destruction massive, est devenu si fluide qu’il a fait le tour du monde. Le danger mortel circule avec un visa international, une immunité automatique à tous les détecteurs malgré le renforcement de la sécurité dans les ports et les aéroports. Rien qu’au cours de la semaine dernière la France, l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne ont procédé à l’arrestation de plusieurs groupes terroristes. Pour arrêter cette hémorragie criminelle, les services de sécurité des grandes puissances ont consolidé leur coopération en matière de communication et d’échanges d ‘information. C’est ce qui a permis d’ailleurs aux services de sécurité espagnols d’arrêter un groupe de 16 algériens lié au réseau d’Al Qaida, après avoir été averti par leurs homologues français. C’est dire qu’autant le terrorisme s’est internationalisé, autant il est devenu nécessaire pour les services de renseignements de mondialiser leurs informations et leur collaboration.
En plus de cette coopération policière, plusieurs pays ont amendé leur arsenal juridique pour mieux lutter contre le terrorisme et se prémunir contre tout attentat d’envergure. Dans ces réformes engagées notamment par la France, les Etat-Unis, l’Italie et d’autres pays, la sécurité de l’Etat a primé sur toute autre considération. Face à des terroristes qui ciblent la foule innocente en tout lieu de tout pays, seules la fermeté et l’efficacité sont à l’ordre du jour. Les textes juridiques ont été amendés dans le sens de la rapidité d’action et de la préservation des secrets et des besoins de l’enquête.
Ainsi en France et en Espagne par exemple, la procédure a été modifiée pour que les interventions ou les perquisitions de la police ne soient plus assujetties à des tranches horaires contraignantes. C’est dire que dans les pays où la démocratie est ancrée depuis des siècles, la loi a été réadaptée d’une manière exceptionnelle face à des organisations criminelles d’une exceptionnelle dangerosité. Il est vrai que dans ces pays, beaucoup d’organisations politiques et surtout des droits de l’homme ont contestées certaines violations de la loi. Mais comment peut-on faire le corollaire entre les valeurs des droits de l’homme et ceux qui font fi de tout respect à l’être humain en le tuant sans raison. Encore faut-il préciser que la loi a été modifiée au stade de l’arrestation et de l’instruction, mais que le procès des mis en cause reste garanti par l’indépendance de la justice. Le Maroc, de par sa situation géostratégique n’a pas échappé à cette mondialisation du terrorisme pour qu’Al Qaida tente de tisser une cellule dormante dans notre pays.
Ces membres, des Saoudiens avec des complices marocains ont été arrêtés avant qu’ils ne commettent leurs forfaits sont en cours de jugement. Pis encore, il s’avère de plus en plus que plusieurs Marocains ont été proches d’Oussama Ben Laden dont l’un arrêté récemment fut son garde du corps personnel. Les services de sécurité marocains découvrent chaque jour que beaucoup de nos compatriotes ont été embrigadés par le Jihad des Talibans en allant passer des stages de maniement d’armes dans les camps de l’Afghanistan. Face à ce danger permanent, il est normal que le gouvernement prenne des dispositions juridiques adéquates pour combattre le terrorisme.
C’est à juste raison que le conseil de gouvernement a présidé par Sa Majesté le Roi jeudi dernier a approuvé ces décisions. Face à l’atteinte à la sûreté de l’Etat, à la stabilité du pays et donc à la sécurité du citoyen, il est impératif d’amender des textes de loi dans le sens de la fermeté et de l’efficacité. Ces dispositions permettent la prolongation des délais de la garde-à-vue pour les raisons d’enquête et du secret d’instruction, instaurent le maximum des peines y compris la condamnation à mort et légalisent les écoutes téléphoniques. Dans le fond ces mesures n’ont rien d’exceptionnel, sauf d’instaurer des circonstances aggravantes dans les affaires du terrorisme sans pour autant affecter la garantie d’un procès équitable. Le gouvernement marocain, à l’instar des pays européens et autres, n’a fait que normaliser sa juridiction pour lutter efficacement contre ce danger planétaire qu’est le terrorisme. La normalisation de la justice face à la technologie terroriste n’est pas une aliénation à une quelconque puissance. ‘est tout simplement une mise à niveau d’un arsenal juridique qui pressentait des failles qui permettaient aux terroristes de passer à travers ses mails.

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