La libéralisation de l’aérien démarre fin 2003

ALM : Quel est le calendrier adopté par le gouvernement pour débloquer le dossier de la libéralisation de l’espace aérien?
Karim Ghellab : Nous avons décidé de faire de l’année 2003 l’année de la réflexion et du début de libéralisation du secteur de l’aérien. Concrètement, nous avons établi un échéancier pour dynamiser le processus de la libéralisation. A partir d’août de l’année en cours nous allons procéder au lancement des appels d’offres. Le début de 2004 sera marqué par le démarrage de lignes et de dessertes aériennes pilotes.
Avant de procéder au lancement des appels d’offres, nous nous attèlerons tout au long du 3ème trimestre, sur la reformulation du contrat programme de la vision 2010 au niveau du segment de l’arien. Il s’agit d’adopter une approche systémique et transparente des acteurs potentiels intéressés par la libéralisation du secteur. Ce travail débouchera sur la mise en place d’un plan d’action opérationnel quantifié et cadencé dans le temps uniquement pour le transport aérien.
Le ministère choisira incessamment des cabinets d’études internationaux pour les aider à mieux appréhender les aspects juridique et économique de l’ouverture de secteur.
Lors des 3 èmes assises du tourisme qui ont eu lieu à Agadir, le Cabinet Mc Kinsey a présenté cinq pistes exploratoires pour libéraliser l’espace aérien. Qu’est ce que vous en pensez de la validité de ces propositions ?
Ce qu’on peut retenir de l’analyse de Mc Kinsey c’est que les modèles de libéralisation du secteur de l’aérien sont diversifiés et multiples. Cependant, il ne faut pas négliger la spécificité du contexte marocain. Je pense qu’a posteriori nous allons s’approcher davantage du modèle turc où il y a une compagnie aérienne nationale qui a joué le rôle de locomotive pour promouvoir le tourisme. Ainsi, la RAM sera notre bras armé pour la concrétisation du plan 2010. Pas question de négliger ni sacrifier l’opérateur public dans le processus de la libéralisation. En revanche, nous serons amenés à nous appuyer sur la compagnie nationale, non pas dans son mode de fonctionnement actuel, mais essayer de l’orienter et recadrer son activité pour contribuer au développement touristique du Maroc. Le second élément qui ressort des cinq pistes présentées par Mc Kinsey, c’est la nécessité de l’ouverture sur les opérateurs privés. Les compagnies qui transportent à faible coût créent une nouvelle demande et un nouveau business. Autrement dit, l’arrivée de nouveaux opérateurs ne risquent pas de grignoter sur les parts de marché traditionnel, mais au contraire, la libéralisation permettra d’encourager et de créer une nouvelle demande.

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