La méthode Benhima

Driss Benhima, la cinquantaine, est un homme pragmatique et expérimenté. Fonceur aussi. Son air un peu sévère lui donne un surcroît de distinction qui inspire le respect. Ses détracteurs disent de lui qu’il est trop nerveux et qu’il n’en fait qu’à sa tête. Une chose est sûre : ce n’est pas le genre d’homme à hésiter ou à lambiner en cours de route dès qu’il est convaincu de la justesse de son action. L’ex-directeur de l’ONE, égal à lui-même, est un gestionnaire aguerri. Il a montré, dès qu’il a pris ses nouvelles fonctions de Wali du Grand Casablanca, de quel bois il se chauffe. De mesure en mesure, de chantier en chantier, il a juré qu’il transformera le visage, actuellement défiguré, de la capitale économique. L’effet psychologique induit par la méthode Benhima est énorme. Les initiatives de ce denier parce qu’elles sont positives attirent les sunlights et des commentaires globalement favorables. Enfoncés depuis longtemps dans un sentiment de résignation, ne croyant plus dans les promesses de leurs édiles locaux, se contentant de s’indigner en silence devant tant de “je m’en foutisme“, les Casablancais commencent aujourd’hui à reprendre espoir, suivant avec intérêt les petits pas du Wali. L’espoir d’une «ville meilleure» qui retrouvera un peu de son prestige d’antan se dessine à l’horizon.
Cependant, la tâche n’est guère facile. Assainir les rouages de Casablanca, corriger les multiples défaillances qui la plombent est un travail de longue haleine. M. Benhima, qui a fait de l’efficacité son objectif et du dialogue sa stratégie, en est conscient. Il ne veut pas brusquer les choses ni braquer ses interlocuteurs. D’autant plus que le personnel communal casablancais, à de rares exceptions près, est englué dans de vieux réflexes.

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