La méthode Coué

À moins que des grands partis ne veuillent en découdre avec la majorité, le Maroc risque encore de connaître une opposition très faible. Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil aux partis qui sont venus en queue du peloton électoral pour se rendre à l’évidence. Ce sont pour la plupart des petits partis nouvellement créés qui vont s’ajouter aux formations de l’ancienne opposition.
Les ADL, FC et autres CNI… ont obtenu un score très maigre (entre 2 et 4 sièges) qui ne les qualifient pas à faire entendre leur voix. En outre, le risque est grand que cette poignée de députés passe de l’autre bon côté de la barrière. En revanche, le PJD, avec sa quarantaine de députés, sera certainement le plus farouche dans son action et le plus constant dans sa verve critique.
À y regarder de plus près, les petites formations, notamment les nouvelles, ont obéi dans leur démarche moins au principe de réalité qu’à la méthode Coué. Par exemple, ADL, dont le leader Ali Belhaj est tombé à Casablanca, a affiché des ambitions plus importantes. M. Belhaj misait sur un minimum de 16 sièges. Tout comme ADL, Forces Citoyennes de Abderrahim Lahjouji s’est positionnée sur le créneau du libéralisme là où il aurait fallu faire entendre un discours proche des préoccupations des citoyens.
En fait, les petits partis en général, qu’ils soient fruits de scissions ou d’ambitions personnelles, ont finalement, comme l’a souligné à juste Driss Jettou, privé des partis déjà existants qui leur ressemblent d’un nombre substantiel de suffrages. La dispersion des voix a profité plus aux candidats PJD qu’aux autres partis concurrents. Résultat : l’encombrement du paysage politique national n’a servi qu’à ajouter à l’atomisation de la carte parlementaire.
Certes, ces structures ont pour eux d’être jeunes et fraîchement arrivés à la politique. Cela sonne plus comme une circonstance atténuante ou un motif de consolation que comme un argument politiquement productif. Car les législatives de 2002 ont montré une réalité nouvelle : le gros des Marocains est plus sensible aux sirènes islamistes qu’aux discours qu’ils soient d’essence libérale ou dirigiste. Comment inverser la donne ? Là est la question.

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