La méthode marocaine

La privatisation de Maroc Telecom, en février 2001, a été considérée comme la plus grande réussite de la commercialisation du produit marocain. L’entrée de Vivendi dans le capital de l’entreprise marocaine de télécommunications a rapporté au budget de l’Etat un pactole de 23 milliards de dirhams. C’est le record absolu depuis le début de l’opération de cession des entreprises publiques au secteur privé. Un processus qui ne s’est pas passé sans heurts quand on sait que plusieurs opérateurs économiques et politiques avaient critiqué violemment le « bradage » de certaines sociétés étatiques. La cession de 35% du capital de Maroc Telecom à la société Vivendi est venue embellir un ciel, jusque-là, brumeux. Et du coup elle a donné du baume au coeur au gouvernement d’alternance qui avait fortement besoin d’une telle bouffée d’oxygène. Cette opération a aussi consacré le professionnalisme et l’esprit de marketing de l’équipe dirigeante de l’Agence Nationale de régulation des télécommunications ANRT) qui l’a chapeautée du bout en bout. C’est dire que la compétence marocaine est très compétitive pourvu qu’on ne lui mette pas les bâtons dans les roues. L’argent rapporté par cette opération a été géré dans la transparence quand il a servi à financer les activités du fond Hassan II selon les directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. De ce fait, cette cession du capital de Maroc Telecom a été entourée de plusieurs balises de protection pour éviter tout dérapage. D’un côté elles ont permis de préserver les intérêts du pays tout en veillant à ce que l’argent récolté ne soit pas dilapidé dans des dépenses ostentatoires et inutiles. Encore faut-il rappeler que l’apport de Vivendi ne s’est pas limité au côté financier, mais apporte aussi son lot de transfert de technologie. Les techniciens marocains sauront tirer leurs ficelles de cette cohabitation comme le feront aussi les sous-traitants du groupe français. En contrepartie Vivendi a l’occasion de percer dans d’autres domaines en bénéficiant d’un contrat de la gestion déléguée à Tanger et Tétouan. Ce contrat consiste à la réalisation d’un programme d’investissement pour le développement et la réhabilitation des infrastructures de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide. C’est ce qu’on appelle la méthode marocaine.

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