La nécessaire recomposition politique

Depuis quelque temps, les partis politiques marocains connaissent un remue ménage qui annonce l’avènement d’une nouvelle recomposition politique.
Aux commandes de ce processus, il y a, bien entendu, l’USFP, le parti qui a toujours oeuvré pour l’équilibre des rapports entre le pouvoir et les partis politiques. Une démarche qui s’est illustrée, historiquement, à maintes reprises, et ce bien qu’au niveau du champ de l’agitation politique et pour des raisons politiciennes, l’extrémisme était de mise. En 1965, juste après les événements des 22 et 23 mars qui ont ébranlé la ville de Casablanca et d’autres régions du Royaume, feu Hassan II avait ouvert des pourparlers avec les défunts Allal El Fassi et Abderrahim Bouabid. Ces négociations auraient pu aboutir s’il n’y avait pas eu quelques résistances qui voyaient d’un mauvais oeil le retour des nationalistes au gouvernement. L’assassinat de Mehdi Benbarka, le 29 octobre de la même année mit un terme à tout espoir de voir aboutir ce rapprochement. En 1972, suite à l’échec des deux tentatives de coup d’Etat, des discussions ont été à nouveau amorcées entre le Palais et les forces de l’opposition. L’UNFP avait, alors, présenté un mémorandum à feu Hassan II. Mais, une fois de plus, l’initiative royale n’a pas eu de suite. L’alternance a été sacrifiée sur l’autel de la surenchère de certains dirigeants.
Il a fallu, donc, attendre, le mûrissement des conditions objectives et subjectives de la concertation politique. Le néo-consensus national amorcé en 1975 avec l’émergence de la question du Sahara marocain, sur le plan international, l’unanimité nationale pour le parachèvement de l’intégrité territoriale et l’enclenchement du nouveau processus électoral, ont largement aidé au triomphe de la raison modérée. Bien entendu, les facteurs de blocage pesaient lourd. Au sein de l’USFP, il y a eu, d’abord, le courant de Abderrahman Benameur et Ahmed Benjelloun qui refusaient toute participation politique démunie de garanties juridiques et non accompagnée de réformes constitutionnelles.
Sur le plan théorique, la direction tentait de s’adapter aux exigences pragmatiques de l’ère, en assumant son appartenance à la sociale-démocratie, mais en même temps, continuait à parler de la lutte de classe. Sans dictature du prolétariat, bien sûr.
Dans le même front de lutte, le parti avait à gérer les ambitions grandissantes d’une aile syndicale qui se radicalisait au fur et à mesure que le parti se modérait. En 1989, feu Abderrahim Bouabid n’a eu que quatre voix au sein de la Commission organisationnelle du congrès. Mais tout cela n’a pas empêché les décideurs de cette formation de faire le pas nécessaire sur la voie de la modernisation et de ses instances dirigeantes et de ses orientations.
A la fin de sa vie, en dépit de l’échec de ses tentatives précédentes dont celle de 1994, feu SM Hassan II avait conclu un accord avec le Premier secrétaire de l’USFP, Abderrahman Youssoufi.
L’alternance consensuelle réalisée, il ne restait plus qu’à mettre fin aux hésitations du passé, aussi bien sur le plan politique, qu’en ce qui concerne l’approche théorique.
Pour la première fois, de son histoire, ce parti allait débattre au sein de son instance suprême, le Congrès, de la plate-forme d’orientation de l’Internationale socialiste.
Sur le politique, il appelle à la participation au changement de l’intérieur de la sphère de décision . Au niveau organisationnel, il se sépare de ses amis de l’aile syndicale radicale.
Alors que des observateurs s’attendaient à un recul de son rayonnement, l’USFP passe à une seconde vitesse, en ouvrant ses portes à Mohamed M’rini et ses camarades qui se sont séparés de l’OADP, en même temps, il est en train de passer à des accords avec le PPS et le PSD.

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