La perte des aviculteurs atteint 71 millions DH

La canicule, qui a sévi dernièrement Maroc, a laissé derrière elle de lourds dégâts. En agriculture, le secteur avicole est le premier à être affecté.  Bien qu’elle eût lancé une alerte auprès des éleveurs du secteur, la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA) a recensé d’importantes pertes. Trois jours ont suffi pour engendrer des mortalités au niveau des élevages de poulets de chair et essentiellement des poules pondeuses. De même, la vague de chergui qu’a connue le Royaume, entre les 24 et 26 juin 2011, a occasionné des chutes de performances zootechniques de production. «Les pertes que nous estimons sont de deux ordres. Tout d’abord, nous avons comptabilisé une perte financière de 38,4 millions de dirhams liée à la mortalité des volailles. De plus, une perte de 32,6 millions de dirhams a été chiffrée au niveau des chutes de performances de production. Car comme il est connu, dès qu’on dépasse un certain seuil de température, les volailles ont du mal à s’alimenter et donc leur production en termes de viande et d’œuf diminue», explique Kheir-Eddine Soussi, président de la FISA.
Dans ce sens, la fédération estime que le poids des poulets de chair a diminué de 15%. La chute de ponte et du taux d’éclosion pour les «reproducteurs et accouvage» est de 10%.  En termes de mortalité, les pertes au niveau national seraient de l’ordre de 6% pour le poulet de chair en fin de cycle d’élevage  et de 5% pour la poule pondeuse.  Les pertes financières globales estimées par la fédération sont de l’ordre de 71 millions de dirhams. «Ce sont des pertes colossales qui malheureusement viennent aggraver davantage la situation délicate des éleveurs du secteur», révèle le président de la FISA. Et de poursuivre que «les aviculteurs perdent de l’argent depuis septembre 2010. Ceci est dû principalement au renchérissement de la matière première ainsi que la situation de surproduction que connaît le secteur».  En effet, la crise dont souffre le secteur avicole ébranle l’équilibre de l’offre et de la demande, d’où  une hausse de prix à la consommation. Notons que durant la saison estivale, la consommation des volailles augmente.
Pour contourner les  dégâts  de la canicule, la fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc œuvre pour la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de multiplier les points d’eau de leur élevage, les opérations de brumisation et aussi la réduction de la quantité de fumier utilisé.
De même, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime a mis au profit des aviculteurs des subventions de  30% pour équiper leur parc d’élevage de système de refroidissement. Toutefois, les petits éleveurs ne disposent pas de sources financières suffisantes pour couvrir ce besoin. Cela dit, l’aviculture reste toujours un parc d’élevage hétérogène dont la moindre gêne peut causer d’importants dommages.

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