La pierre d’achoppement

Depuis la réunion de Tanger en 1958, les nationalistes marocains, algériens et tunisiens, rêvent d’un Maghreb arabe uni. Mais depuis que cette idée a été émise et après que tous les pays de la région aient retrouvé leur indépendance, cette union reste une chimère. Pis encore on a l’impression qu’après la constitution de l’UMA, les aléas du temps et de la politique repoussent de plus en plus l’échéance d’une véritable retrouvaille.
Les activités de l’UMA étant gelées depuis 1994 à cause de l’affaire du Sahara marocain, il est difficile de croire que la réunion de la semaine prochaine suscite un quelconque brin d’optimisme. Comme cette donne n’a pas changé d’un iota, l’UMA ne renaîtra pas de ses cendres en piétinant une vérité absolue comme celle de la marocanité du Sahara. L’Algérie qui maintient la tension et alimente une guerre sur tous les fronts contre le Maroc, ne peut partager sa diplomatie en deux politiques antinomiques. Les généraux d’Alger se discréditent davantage quand ils prônent l’unité du Maghreb et son contraire en proposant la partition du territoire marocain. Il est vrai que le ridicule ne tue pas comme il a été incapable de venir à bout de la désunion de l’unité arabe depuis plus d’un demi-siècle.
Si le Maroc a confirmé sa participation à la réunion d’Alger, c’est par un souci constant de son roi et de son peuple de ne pas insulter l’avenir des peuples et de toute une région. C’est par sa conviction aussi que face aux dangers de la mondialisation et de la libéralisation, l’avenir économique du Maghreb reste tributaire de son union. Mais il est clair que cet engagement ne peut être effectif que si l’Algérie enlève cette pierre d’achoppement qui empêche le train de l’UMA de retrouver les rails de la concorde. Les généraux d’Alger savent pourtant très bien qu’un projet de régionalisation ne peut être bâti sur les tranchées d’une guerre larvée qu’ils mènent contre le Maroc.
C’est comme si l’on peut imaginer que l’Union européenne avec son Parlement et sa monnaie unique puisse exister avec un conflit frontalier entre la France et l’Allemagne. Autrement et c’est un secret de polichinelle, le Maroc ne peut activer son adhésion à l’UMA tout en continuant à éluder les dangers des tirs croisés algériens. Il serait absurde de construire un édifice sur les malheurs de plus d’un millier de soldats et de plusieurs milliers de marocains détenus et séquestrés sur le territoire algérien. L’UMA se fera avec un Maroc de Tanger à Lagouira ou ne se fera pas. Dans tous les cas rien n’empêchera pas la pérennisation de la configuration géographique actuelle de notre pays.

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