La présidence de la Chambre des conseillers bascule dans l’opposition

La présidence de la Chambre des conseillers bascule dans l’opposition

«L e PAM finit toujours par obtenir ce qu’il veut». C’est avec ces termes qu’un observateur de la scène politique nationale a qualifié l’élection de Mohamed Cheikh Biadillah à la tête de la Chambre des conseillers. Le secrétaire général du PAM, Cheikh Biadillah a été élu, mardi 13 octobre, nouveau président de la deuxième Chambre succédant à Maâti Benkaddour du RNI. Lors du premier tour de l’opération de vote, aucun des deux candidats n’a réussi à obtenir la majorité absolue. En effet, Cheikh Biadillah a obtenu 133 voix contre 111 pour M. Benkaddour. Le deuxième tour a été, ainsi, décisif pour le candidat de l’opposition qui s’est imposé, finalement, sur le candidat de la majorité par 140 voix contre 100. L’élection de M. Cheikh Biadillah a eu lieu grâce au soutien des partis de l’opposition, en plus du Mouvement populaire et d’autres conseillers de la majorité qui ont choisi d’accorder leurs voix à M. Cheikh Biadillah. A l’issue de l’annonce des résultats du scrutin, le secrétaire général du PAM a affirmé, dans une déclaration à la presse, sa détermination «à œuvrer avec l’ensemble des composantes de la deuxième Chambre du Parlement, en vue d’améliorer le rendement et le rayonnement de cette institution». Commentant l’élection de Mohamed Cheikh Biadillah, le secrétaire général de l’Union constitutionnelle, Mohamed Abied a affirmé à ALM qu’il s’agit d’une avancée démocratique très importante. «On ne peut que féliciter M. Biadillah. On a rarement vu un président de l’opposition qui occupe le perchoir. Cette élection est une grande avancée démocratique», a souligné M. Abied, ajoutant que cette élection est en mesure d’assurer un équilibre entre les deux Chambres du Parlement. Le même son de cloche est relevé chez le Parti de l’Istiqlal. «L’élection d’un membre de l’opposition à la présidence de la Chambre des conseillers ne peut qu’enrichir l’expérience démocratique marocaine», a affirmé Mohamed Saâd Alami, membre du comité exécutif du PI, lors de l’émission «Hiwar» de la chaîne Al-Oula, diffusée mardi soir. Ceci dit, l’élection de Mohamed Cheikh Biadillah a, par ailleurs, suscité quelques réserves. Joint par ALM, le secrétaire général adjoint du PJD, Abdellah Baha, a affirmé que cette élection s’inscrit dans le cadre du «surréalisme» qui marque la scène politique nationale depuis l’entrée en scène politique du «nouveau venu», le PAM. «Le PJD n’a rien de personnel contre Biadillah mais cette élection ne correspond nullement à la logique démocratique. Comment peut-on imaginer qu’un membre de l’opposition soit élu par la majorité. Ceci est absurde et incompréhensible», a expliqué M. Baha. Abdelhamid Fatihi, chef du Groupe fédéral de l’unité et de la démocratie à la deuxième Chambre est du même avis que Abdellah Baha. Il a indiqué, dans une déclaration à ALM, que l’élection de Cheikh Biadillah, un membre de l’opposition, est «contraire aux coutumes politiques et à la nature constitutionnelle des institutions». Ceci étant et en dehors des positions des partis politiques, les réactions recueillies auprès de certains observateurs nous mettent devant deux principaux constats, l’élection de Cheikh Biadillah confirme la prééminence incontestable du PAM et met en exergue, encore une fois, l’incohérence claire et nette de la majorité gouvernementale.

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