La réforme de l’audiovisuel activée

Le discours du Souverain a été limpide. Le paysage audiovisuel sera appelé à changer incessamment, conséquence de l’élaboration d’un dahir Chérifien qui porte création d’une institution indépendante et impartiale. En d’autres termes, il s’agit de mettre fin au monopole dont continue de jouir l’Etat dans ce domaine. «Cela traduit notre volonté de garantir le droit à l’information, en consacrant la liberté de créer une presse et des médias audiovisuels indépendants et en mettant fin au monopole de l’Etat dans ce domaine. Et ce tout en ayant un service public de radio-télévision à même de garantir l’expression plurielle des différents courants d’opinion, dans le respect de nos valeurs religieuses et des éléments constitutifs de notre identité nationale et des lois du royaume», a souligné le Souverain. Le débat sur la libéralisation de l’audiovisuel ne date pas d’aujourd’hui. La conviction de lever le monopole de l’Etat était mûre, depuis des années, dans l’esprit des pouvoirs publics et des professionnels du secteur.
L’histoire a montré une certaine résistance de la part de l’Etat, sauf dans certains cas dont la portée est différemment expliquée par les uns et les autres. Ainsi, alors que ce secteur était régi (il l’est toujours d’ailleurs) par un texte datant du 25 novembre 1924 le mettant sous la garde des PTT, l’Etat a, à plusieurs reprises, concédé le droit de créer des stations de radiodiffusion et télévision à des structures qui ne dépendaient pas de lui : Medi I en 1980 groupant des partenaires parmi les banques et les grandes entreprises de France et du Maroc, 2M en 1988, la radio de la foire de Casablanca (FIC-FM) en 1987 et la radio 2M récemment. L’Etat a préféré se baser sur le système des dérogations sélectives plutôt que procéder directement à une déréglementation officielle qui le prive d’un pouvoir de contrôle sur ce segment de média. «Il faut reconnaître toutefois que, pour le cas de Médi1, l’Etat ne pouvait qu’accepter la demande des Français de créer une station radio», assure un professionnel. «Le Maroc a promis à Médi I de lui concéder un émetteur à Nador (appartenant à la RTM) et un monopole sur la publicité à compter de la date de mise en service de l’émetteur en 1982». Et d’ajouter, «à cette époque, une exclusivité sur la publicité semblait banale. Sa portée économique n’était pas maîtrisée à sa juste valeur».
Les deux autres exemples (2M et FM) n’ont fait que consolider l’idée selon laquelle la volonté politique, même si elle s’inclinait devant d’autres considérations, n’avait jamais atteint le niveau de maturité souhaité. Maintenant, c’est d’une nouvelle donne qu’il s’agit de prendre conscience puisqu’une entité indépendante se chargera du champ de l’audiovisuel. A la veille de la mise en place de la réforme, plus d’une cinquantaine de demandes de radios locales et nationales sont déposées auprès du ministère de la communication. D’autres ne tarderont pas à se présenter une fois le paysage balisé.

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